Alors que la nation congolaise a célébré, ce dimanche 5, le retour triomphal des Léopards devant le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, l’euphorie générale aurait pu servir de tribune pour aborder une question cruciale : la relance du championnat national, en déclin depuis plusieurs années.
De retour du Mexique, où ils ont brillamment battu les Reggae Boyz de la Jamaïque et validé leur qualification pour la Coupe du monde 2026, les Léopards ont été accueillis dans une ambiance festive.

Pourtant, derrière cette réussite internationale se cache une réalité préoccupante : l’absence totale de joueurs évoluant au pays parmi les 26 sélectionnés par le sélectionneur-manager Sébastien Desabre.

Ce constat illustre parfaitement la lente dégradation du football local. L’événement aurait constitué une occasion idéale pour attirer l’attention des autorités sur la nécessité urgente de redynamiser le championnat national, notamment la Linafoot.

Malheureusement, ni le ministre des Sports ni le président de la fédération n’ont saisi cette opportunité.

Beaucoup d’observateurs espéraient également une prise de parole du capitaine des Léopards, Chancel Mbemba. Ayant lui-même évolué dans le championnat local, il était bien placé pour en dénoncer les failles et plaider en faveur de sa relance.

Mais emporté par la joie de la célébration, il n’a pas abordé ce sujet crucial, laissant passer une occasion dont on ignore si elle se représentera.
Pourtant, l’enjeu est de taille : préparer la relève et assurer l’avenir du football congolais.
Comme le souligne Jean Bosco Mwadi, entraîneur en troisième division :

« Notre football aura du mal à décoller si aucun dirigeant ne porte sa voix auprès des autorités. Personne ne plaide pour l’intérêt commun. La Linafoot s’enlise progressivement faute de moyens. »

Parmi les principaux défis figurent les difficultés logistiques, notamment le coût élevé des déplacements. De nombreux clubs peinent à financer leurs voyages, et l’insuffisance de compagnies aériennes entraîne régulièrement des reports, voire des absences lors des rencontres.

Face à cette situation, les autorités congolaises sont appelées à s’impliquer davantage, en investissant significativement dans le championnat national et en lui allouant des ressources conséquentes afin de le rendre plus compétitif et attractif.

Zéphyrin Amboka Pengume