L’affaire Denise Mukendi Dusauchoy reste, à ce jour, sans nouvelle audience publique clairement annoncée depuis sa présentation au ministère public, le 2 septembre 2026. À cette occasion, la justice congolaise l’a placée sous mandat d’arrêt provisoire, après son interrogatoire. Les autorités judiciaires évoquent plusieurs faits susceptibles de constituer des infractions, notamment des publications sur les réseaux sociaux considérées comme faisant l’apologie des activités de l’AFC/M23. Le parquet aurait également retenu l’existence d’indices jugés sérieux ainsi qu’un risque de fuite.

Depuis cette comparution, peu d’éléments officiels nouveaux ont été rendus publics sur l’évolution de l’instruction. Il reste donc difficile de savoir si une nouvelle audition a eu lieu, si le parquet a clôturé une partie de ses investigations ou si une éventuelle audience au fond a été fixée. Le ministère de la Justice avait néanmoins rappelé que le mandat d’arrêt provisoire constitue un acte de procédure et que Denise Dusauchoy demeure présumée innocente jusqu’à une décision judiciaire définitive.

Une autre interrogation concerne ce que la détenue elle-même aurait déclaré au cours de la procédure. Des informations circulant sur les réseaux sociaux et dans certains milieux politiques ont évoqué des révélations qu’elle aurait faites concernant des personnalités ou des responsables proches du pouvoir. Ces affirmations ne sont toutefois pas officiellement confirmées par la justice, et aucun document judiciaire public consulté ne permet d’établir avec certitude la liste des personnes qui auraient été citées, ni la teneur exacte de leurs éventuelles déclarations.

Cette prudence est importante, car la circulation de noms non confirmés pourrait transformer une procédure judiciaire en affaire politique avant même que les faits ne soient établis. À ce stade, il convient donc de distinguer clairement les éléments établis par les autorités judiciaires, les déclarations attribuées à la détenue et les rumeurs qui circulent. Aucun nom de personnalité du pouvoir ne devrait être présenté comme impliqué dans cette affaire sans confirmation officielle ou élément judiciaire vérifiable.

L’enjeu du dossier dépasse ainsi la seule personne de Denise Dusauchoy. La justice devra notamment déterminer la nature exacte des contenus qui lui sont reprochés, leur qualification pénale et le lien éventuel entre ces publications et les activités de l’AFC/M23. Dans un contexte de guerre et de forte bataille informationnelle autour du conflit dans l’Est, le dossier pose aussi la question de la frontière entre expression sur les réseaux sociaux, propagande, apologie d’un mouvement armé et participation à une infraction.

Son arrestation constitue également un élément important de l’affaire. Denise Dusauchoy a été interpellée le 30 août 2026 en Tanzanie, sur la base d’un mandat délivré par la justice congolaise, avant d’être transférée à Kinshasa. Le ministère de la Justice affirme que cette opération s’inscrivait dans le cadre de la coopération judiciaire entre les deux pays et de procédures engagées antérieurement.

Kinshasa affirme notamment que le dossier ne serait pas né ppavec son arrestation en Tanzanie. Selon les autorités judiciaires, trois commissions rogatoires internationales avaient été adressées aux autorités judiciaires belges en octobre et novembre 2025, dans le cadre de plusieurs dossiers ouverts au parquet de Kinshasa/Gombe et impliquant notamment Denise Dusauchoy. Des mandats d’arrêt internationaux auraient également été délivrés dans le cadre de ces procédures.

Pour l’heure, le « silence radio » autour de l’affaire laisse plusieurs questions sans réponse : quelle est exactement la situation judiciaire de Denise Dusauchoy ? Quels sont les éléments retenus contre elle ? A-t-elle réellement cité des personnalités du pouvoir et, si oui, dans quel contexte ? Ces dernières affirmations restant non confirmées officiellement, seule une communication judiciaire précise permettrait de faire la part entre les faits, les déclarations et les rumeurs. L’évolution de l’instruction sera donc déterminante pour établir ce qui relève réellement du dossier judiciaire.

JAM