Le président provincial de l’UNPC/Kinshasa, Jean-Marie Kassamba, est sorti de son silence pour dénoncer la procédure ayant conduit à l’arrestation et à la détention de Virginie Manganga, journaliste et chroniqueuse, dans l’affaire qui l’oppose à l’artiste musicien Faustin Nsimba, dit Fally Ipupa.

Dans une déclaration ferme rendue publique ce samedi 3 octobre sur une chaîne de télévision de la place, Jean-Marie Kassamba s’en prend notamment à Me Dorothée Madiya, avocate de Fally Ipupa et députée nationale. Il lui reproche notamment de méconnaître certaines dispositions de la loi Muyaya de 2023 portant liberté de la presse.

Pour le président provincial de l’UNPC, la procédure serait entachée de graves irrégularités et constituerait une violation des règles encadrant le traitement des journalistes poursuivis pour des faits liés à leur activité professionnelle.

Virginie Manganga, chroniqueuse sur Antenne A et créatrice de contenus sur TikTok, a été interpellée le 20 septembre à la sortie des studios, avant d’être placée sous mandat d’arrêt provisoire puis transférée à la prison centrale de Makala. Elle est poursuivie pour diffamation et propagation de fausses informations, après avoir relayé, le 25 août dans son émission, les accusations formulées par Colette Tuzaa, une Congolaise vivant en Australie, à l’encontre de Fally Ipupa.

Face à la polémique, Me Dorothée Madiya, avocate de Fally Ipupa, avait tenu une conférence de presse le 30 septembre, jour de l’ouverture du procès à Makala. Elle avait notamment précisé que sa plainte ne visait pas une journaliste, mais une créatrice de contenus.

« Moi, je n’ai pas porté plainte contre une journaliste. C’était une tiktokeuse », avait-elle déclaré. L’avocate avait également soutenu que « la liberté de la presse n’est pas une immunité » et que « l’arrestation relève du parquet ».

Me Dorothée Madiya avait, par ailleurs, annoncé la constitution d’un consortium d’avocats basés à Kinshasa, Paris et Melbourne, évoquant une offensive judiciaire internationale. Elle avait également prévenu : « D’ici deux à trois semaines, beaucoup de personnes qui parlent ne vont plus parler. »

Une posture que Jean-Marie Kassamba juge inacceptable. Selon lui, l’établissement d’un rapport de force avec la presse constitue une erreur stratégique.

« Lorsqu’on établit un rapport de force avec la presse, on finit par perdre », a-t-il déclaré, en s’adressant à l’artiste Fally Ipupa et à son conseil.

Au-delà du différend opposant l’artiste à la chroniqueuse, cette affaire soulève la question du respect de la loi Muyaya sur la liberté de la presse et du régime applicable aux journalistes poursuivis pour des faits liés à l’exercice de leur profession.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a, de son côté, demandé la libération immédiate de Virginie Manganga, exprimant des préoccupations concernant les pressions exercées sur les médias en République démocratique du Congo.

Selon les dispositions de la loi Muyaya évoquées dans ce dossier, les faits commis par un journaliste dans l’exercice de ses fonctions doivent notamment être examinés dans le cadre du régime juridique applicable aux délits de presse, avec les garanties prévues par la législation.

Zephyrin Amboka Pengume