Le collectif des avocats de la partie civile, dans le cadre du procès opposant le ministère public à l’artiste musicienne Rebo Tchulo (de son vrai nom Déborah Tshimpaka), a sollicité devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema l’audition de la prévenue afin qu’elle s’explique sur l’identité d’un membre du gouvernement qu’elle aurait contacté avant l’intervention présumée d’éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), impliqués dans des actes de sévices infligés à son chauffeur.
Lors d’une audience foraine tenue jeudi 25 juin à Kinshasa, Me Donald Sindani, avocat de la partie civile, a soutenu l’hypothèse d’une implication présumée d’un ministre du gouvernement national, suspecté d’avoir facilité ou ordonné le déploiement des militaires mis en cause dans cette affaire sensible.
Face à cette requête, le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a rejeté la demande d’audition directe du membre du gouvernement évoqué, estimant ne pas disposer d’éléments suffisants à ce stade de la procédure pour y faire droit. Toutefois, la juridiction a accédé à la demande d’exploitation des relevés d’appels téléphoniques de la prévenue, pièce jugée pertinente pour les besoins de l’instruction.
À l’issue des différentes auditions déjà effectuées, le tribunal a décidé de renvoyer la cause au 24 juillet prochain. Cette prochaine audience sera consacrée à la présentation du rapport d’exploitation des données téléphoniques, prélude à un débat contradictoire entre les parties.
Rebo Tchulo est poursuivie pour incitation de militaires à commettre des actes contraires à la discipline militaire, dans une affaire liée aux sévices présumés infligés à son chauffeur, Platini Kasaï Sadisa. Les militaires mis en cause dans ces violences font également l’objet de poursuites devant la même juridiction militaire.
Don de Dieu Mbavu
