Le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a inauguré le 12 août 2026 le Centre d’insertion et de réinsertion sociale des jeunes d’Aubeville, dans le département de la Bouenza. Cette infrastructure constitue la première opération majeure de l’Agence nationale d’insertion et de réinsertion sociale des jeunes, créée pour renforcer la prise en charge des jeunes déscolarisés, désocialisés ou en conflit avec la loi.
Face à la persistance de la délinquance juvénile, le gouvernement entend compléter la réponse sécuritaire et judiciaire par une approche fondée sur le soin, l’éducation et la réinsertion. Le ministre de la Jeunesse et des Sports a notamment cité, parmi les facteurs favorisant ce phénomène, le décrochage scolaire, la déscolarisation, la désocialisation, l’abandon du toit familial et l’addiction aux substances narcotiques.
Créée par la loi n° 17-2024 du 10 juillet 2024, l’Agence nationale d’insertion et de réinsertion sociale des jeunes est chargée de concevoir et de mettre en œuvre la politique nationale de prise en charge de ces catégories de jeunes. Aubeville en constitue la première concrétisation opérationnelle.
Un parcours vers l’autonomie
Implanté sur 13 hectares, le centre dispose de 4 dortoirs de 100 places chacun, d’un amphithéâtre de 250 places, de salles de formation et de 2 réfectoires d’une capacité globale de 500 places.
L’encadrement des pensionnaires s’étend sur une durée moyenne de 13 mois, organisée en trois phases : une phase éducative consacrée notamment à l’instruction civique et au changement de mentalité ; une phase préintégrative axée sur la formation professionnelle ; puis une phase intégrative destinée à préparer l’insertion dans le monde du travail ou la création d’activités.
Les formations qualifiantes, d’une durée de six à huit mois, portent notamment sur la menuiserie, la boulangerie-pâtisserie, la soudure et l’agro-pastoral. Les pensionnaires sont également initiés à la création et à la gestion des coopératives et des micro-entreprises, ainsi qu’à la recherche de financements.
Un volet sanitaire intégré
Aubeville comprend également un centre de santé intégré et un centre d’addictologie de 32 lits. Ce dernier est organisé en trois unités : urgence et stabilisation clinique, rémission clinique, puis soins résidentiels et consolidation biopsychologique.
La prise en charge des addictions repose sur une équipe spécialisée et multidisciplinaire, selon un modèle articulé autour de quatre étapes : stabiliser, restaurer, consolider et réinsérer.
Deux ambulances offertes par la Fondation Édith-Lucie Bongo-Ondimba viennent renforcer le dispositif sanitaire du centre.
Après Aubeville, le gouvernement prévoit la construction de structures similaires à Otsende pour les jeunes filles, Bokania dans la Cuvette et Odziba dans le département de la Djoué-Léfini.
L’ouverture du centre, intervenue le 12 août, à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, traduit ainsi la volonté des pouvoirs publics de renforcer la protection, l’encadrement et l’insertion socioprofessionnelle des jeunes en difficulté.
Solange Geandja, correspondante
