Le journaliste congolais Claude Pero Luwara affirme que des autorités belges lui auraient demandé de mettre fin à ses activités journalistiques ou, à défaut, de cesser ses critiques à l’égard du président Félix Tshisekedi et du régime de Kinshasa. Cette déclaration, présentée comme une révélation par le journaliste, n’a toutefois pas encore été corroborée par une communication officielle des autorités belges ni par une source indépendante.

Cette affirmation intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le journaliste congolais, réfugié en Belgique et connu pour ses prises de position critiques à l’égard du pouvoir de Kinshasa.

Claude Pero Luwara a été victime de plusieurs agressions sur le territoire belge. La plus récente remonte au 3 septembre 2026, à Tirlemont, où trois individus masqués auraient attaqué le journaliste par surprise et l’auraient frappé à la tête, notamment avec un marteau, selon des témoignages rapportés par la presse belge. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes des faits et d’identifier les auteurs.

Ces violences ont déjà suscité des réactions au sein de la classe politique belge. En octobre 2025, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, avait condamné l’agression dont Luwara avait été victime le 27 août de la même année. Il avait également indiqué que les droits humains ainsi que la protection des journalistes et des réfugiés demeuraient à l’ordre du jour du dialogue diplomatique entre la Belgique et la RDC. Le ministre avait toutefois souligné qu’il était prématuré de tirer des conclusions sur les motivations de l’attaque ou sur une éventuelle implication de réseaux étrangers, l’enquête étant alors en cours.

Le dossier judiciaire lié à cette première agression a également connu une issue en Belgique. Quatre personnes poursuivies dans cette affaire ont été condamnées en juin 2026 à quatre ans de prison. Selon la presse congolaise, les avocats de Luwara avaient auparavant soutenu que l’attaque était organisée et liée à ses prises de position.

Le journaliste fait par ailleurs l’objet d’un contentieux ancien avec les autorités congolaises. En 2022, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) l’avait convoqué devant le tribunal des pairs à la suite de propos jugés outrageants envers le chef de l’État. La même année, un mandat d’amener attribué au parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe avait également été rapporté par plusieurs médias.

En mars 2025, les autorités congolaises avaient par ailleurs annoncé une récompense de quatre millions de dollars pour toute information susceptible de conduire à l’arrestation de Pero Luwara, alors accusé par Kinshasa d’être lié au mouvement AFC/M23. Cette annonce avait été largement rapportée par la presse.

À ce stade, l’affirmation selon laquelle des autorités ou des policiers belges auraient demandé à Pero Luwara de cesser son activité journalistique ou ses critiques contre le pouvoir de Kinshasa reste donc une déclaration du journaliste qui nécessite encore une confirmation indépendante.

La Rédaction