Une soirée marquée par la confusion et la peur a été vécue jeudi 18 juin à Kasindi, commune rurale frontalière située à la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Des coups de feu ont retenti dans le quartier Kikemba, suscitant l’inquiétude des habitants et alimentant de nombreuses spéculations sur les réseaux sociaux.
Selon les autorités policières, l’incident trouve son origine dans une tentative de justice populaire visant un groupe de personnes récemment arrivées dans la commune. Ces individus, pris à tort pour des suspects par certains habitants, ont failli être victimes d’un lynchage avant l’intervention rapide des forces de l’ordre.
Le Commissaire principal Kasereka Kambere Claude, responsable du commissariat de la Police nationale congolaise à Kasindi, explique que les personnes concernées étaient en réalité des citoyens congolais venus du district de Masaka, en Ouganda. Arrivés à Kasindi le 17 juin, ils avaient d’abord été enregistrés par les services de la Direction générale de migration (DGM) avant d’être confiés au comité local de sécurité.
Dans l’attente de leur réinstallation auprès de leurs proches ou de familles d’accueil, ces ressortissants avaient été hébergés temporairement à l’église 8e CEPAC du quartier Congo Ya Sika. Après examen de leur situation, le comité local de sécurité avait donné son accord pour qu’ils rejoignent leurs destinations respectives.
C’est au moment où une partie du groupe était transportée à bord d’un triporteur que la situation a dégénéré. Des habitants, ne connaissant pas l’identité des passagers, ont cru avoir affaire à des personnes suspectes. La panique s’est rapidement propagée, entraînant un mouvement de foule et une tentative de justice populaire.
Face à cette situation, la Police nationale congolaise est intervenue pour sécuriser les personnes menacées. Des tirs de sommation ont été effectués en l’air afin de disperser la foule et permettre l’évacuation des victimes potentielles. Au total, 17 personnes ont été mises à l’abri sans qu’aucune perte en vie humaine ni blessure ne soit enregistrée.
Réagissant à cet incident, la commissaire adjointe Yvette Kaseso, porte-parole de la Police nationale congolaise au Nord-Kivu, a fermement condamné tout recours à la justice populaire. Elle a appelé la population à faire preuve de retenue et à signaler tout comportement suspect aux services compétents, seuls habilités à mener les vérifications nécessaires.
Gires Kasongo
