La situation sécuritaire demeure préoccupante dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), où une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des ADF a coûté la vie à au moins 24 civils dans la nuit du mardi au mercredi 6 mai 2026, dans les villages de Manzumbu, Wasafi, Musangwa et Mangambo, en secteur de Beni-Mbau.

À l’hôpital général d’Oicha, la morgue a été submergée par l’afflux des victimes. Au total, 22 corps y ont été déposés. Le jeudi 7 mai au matin, des familles endeuillées s’y sont rendues pour identifier et récupérer les dépouilles de leurs proches, dans une atmosphère de vive émotion.

Sur place, un rescapé, Paluku Malimbo, a raconté au micro de 24News Agency, les circonstances dramatiques de l’attaque.

« Les ADF nous ont surpris dans notre champ et ont commencé à exécuter les civils du côté de Manzumbu. J’étais allé chercher de l’eau. À mon retour, ma sœur était déjà parmi les victimes. J’ai pris la fuite jusqu’à Beu-Manyama. Certains taximen sont ensuite entrés dans la forêt pour récupérer les corps, avec l’appui des militaires présents dans la zone », témoigne-t-il.

Face à ce nouveau massacre, la société civile d’Oicha exprime son incompréhension et son indignation. Elle déplore le manque de réactivité des autorités militaires malgré les alertes préalablement émises par la population sur la présence des assaillants dans la zone.

« Tous les services de sécurité avaient été alertés, mais aucune action n’a été entreprise. La population a fait sa part, et nous regrettons profondément que cette tragédie ait pu se produire », dénonce Kasereka Mahamba Samuel, premier vice-président de la société civile d’Oicha.

Dans ses recommandations, la structure appelle la coalition FARDC-UPDF à renforcer les dispositifs de sécurité afin de mieux protéger les civils. Elle insiste notamment sur la nécessité d’améliorer les capacités de renseignement et d’intervention, notamment à travers des équipements modernes permettant de détecter en amont les mouvements des rebelles.

Par ailleurs, la société civile exhorte l’État congolais à accorder à la menace des ADF la même attention qu’à celle d’autres groupes armés opérant dans l’Est du pays, citant notamment les rebelles du M23-AFC.

« L’État congolais n’a jamais pris en considération cette situation des ADF. Comme il le fait pour d’autres menaces, il doit agir avec la même rigueur et détermination », a insisté Kasereka Mahamba Samuel.

Après cette attaque meurtrière, la psychose gagne plusieurs villages de la localité Babila-Bakaeku de Mamove. De nombreux habitants fuient vers Oicha, redoutant de nouvelles incursions des rebelles.

Gires Kasongo