Le chef du village Bapakombe Bakondo, Mwami Atchou Taibo Alphonse, appelle la population à prendre pleinement conscience de la gravité de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et à renforcer son engagement en faveur de la paix, de la justice et de la défense des droits des communautés locales.
Il a lancé cet appel samedi 15 août à Beni, en marge d’une cérémonie organisée par le Collectif des victimes de l’agression rwandaise (CVAR-ONGDH) en mémoire des victimes des massacres et autres exactions commis dans l’Est du pays.
La cérémonie a été marquée notamment par le dépôt de gerbes de fleurs sur les tombes de cinq membres de la communauté pygmée, tués le 30 mai 2026 par des combattants ADF dans le quartier Ngadi, à Beni. Ce moment de recueillement visait à honorer la mémoire des victimes, mais également à rappeler les revendications des survivants en matière de justice et de lutte contre l’impunité.
Prenant la parole à cette occasion, le Mwami Atchou Taibo Alphonse a déploré l’alourdissement quotidien du bilan des violences dans l’Est de la RDC. Pour le chef coutumier, l’absence d’une véritable prise de conscience collective pourrait contribuer à prolonger les souffrances des populations civiles.
« Chaque jour, le bilan s’alourdit. Si nous ne prenons pas conscience et ne nous battons pas pour notre liberté, nous ne cesserons de mourir et de subir les affres de cette guerre qui caractérise l’Est de la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.
Le chef coutumier a également exhorté les populations à redoubler de vigilance et d’efforts pour préserver leurs terres, leur identité ainsi que leurs valeurs culturelles. Il a, à cet égard, mis en garde contre ce qu’il considère comme des tentatives d’occupation et de transformation des us et coutumes des communautés locales.
S’adressant particulièrement aux survivants et aux victimes des violences attribuées aux ADF-MTM et à l’AFC-M23/RDF, Mwami Atchou Taibo Alphonse a insisté sur la responsabilité collective dans la quête de justice, de réparation et de la fin des violences armées.
« Notre liberté, notre justice, notre réparation et la non-répétition des massacres et violences armées reposent, a priori, sur notre responsabilité et notre engagement », a-t-il souligné.
Dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans plusieurs zones de l’Est de la RDC, le chef coutumier a appelé à l’unité, à la solidarité et à une mobilisation accrue de toutes les composantes de la société. Il estime que la conjugaison des efforts demeure essentielle pour faire face à l’insécurité et créer les conditions d’un retour durable de la paix.
Cette cérémonie commémorative organisée à Beni met une nouvelle fois en lumière le lourd tribut payé par les populations civiles dans les violences qui ravagent l’Est de la RDC. Elle a également permis de raviver les revendications des victimes et des survivants en faveur de la justice, de la réparation et de la garantie de non-répétition.
Gires Kasongo
