Le Parlement des jeunes de la RDC, situé à Beni, a organisé le dimanche 8 février un atelier de réflexion et d’éveil de conscience intitulé : «La place de la jeunesse dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité ». Cette activité a bénéficié du soutien de l’ONG Ubuntu Panafika dans le cadre du projet « Wapi Jiwe Langu kwa Usalama wa Mashariki ya Kongo».
Les échanges ont principalement porté sur l’importance du mariage civilo-militaire et sur la nécessité pour les citoyens de signaler les comportements suspects afin de renforcer la confiance mutuelle et d’améliorer le fonctionnement institutionnel en matière de sécurité.
Renforcer la confiance entre civils et militaires
Patrick Kapanga et Aaron Sabuni, deux leaders communautaires de la commune de Bungulu, ont salué la tenue de cet atelier. Selon eux, ces discussions ont permis d’éclaircir certaines zones d’ombre concernant la collaboration entre civils et militaires. Ils se sont engagés à relayer les messages de sensibilisation dans leurs communautés, notamment sur le soutien aux FARDC dans la traque des groupes armés.
Les participants ont souligné que certaines attitudes, telles que la propagation de rumeurs, l’intimidation ou l’absence de dialogue, risquent d’alimenter un climat de méfiance, voire de vengeance, entre civils et militaires.
À leurs yeux, considérer l’armée comme un adversaire collectif affaiblit le front commun indispensable à la stabilisation de la région.
Plusieurs jeunes ont exprimé leurs préoccupations face à ce qu’ils perçoivent comme une insuffisante prise en compte de certains abus individuels dans les discussions sur le mariage civilo-militaire. Les intervenants ont rappelé que ces dérives, bien que réelles, ne sauraient être imputées à l’ensemble des forces armées, tout comme des actes isolés de collaboration avec des groupes hostiles ne définissent pas toute la jeunesse.
Selon Maître Fidèle Ubuntu, le dialogue a également mis en lumière des obstacles persistants, notamment le manque d’information sur les mécanismes de dénonciation, l’absence de contacts directs avec certaines autorités et la crainte de ne pas être entendu.
«La sécurité est une responsabilité partagée. Sans coopération active entre civils et militaires, aucune stratégie durable ne peut aboutir. Le mariage civilo-militaire ne signifie ni complaisance ni silence face aux fautes. La dénonciation constructive est essentielle pour renforcer la confiance», a-t-il expliqué.
Un engagement citoyen pour la sécurité
Les intervenants ont enfin insisté sur le fait que l’appel à « apprendre à se battre » doit être compris comme une invitation à un engagement citoyen responsable, notamment à travers le service dans les forces de défense ou le soutien aux mécanismes de sécurité, afin de contribuer collectivement à la protection des communautés.
Gires Kasongo
