À Beni, le journaliste et chroniqueur politique Azarias Mokonzi appelle les autorités politico-administratives, les mouvements citoyens et les groupes de pression à privilégier le dialogue et la responsabilité face aux tensions liées à la détention de Clovis Mutsuva.
Dans une déclaration rendue publique mardi 11 Août, Azarias Mokonzi estime que l’arrestation et la détention de ce jeune leader communautaire et acteur politique ont contribué à accentuer les tensions entre les autorités et une partie de la jeunesse de Beni. Il souligne que cette situation intervient alors que la région fait déjà face à une double crise, sécuritaire et sanitaire.
Selon lui, les démarches entreprises par certains jeunes pour obtenir la libération de Clovis Mutsuva n’ont jusque-là pas permis de débloquer la situation. Cette impasse aurait notamment conduit plusieurs mouvements citoyens et groupes de pression à suspendre leur collaboration avec les forces armées ainsi qu’avec les équipes engagées dans la riposte contre Ebola.
Azarias Mokonzi appelle ainsi les différentes parties à éviter l’escalade et à placer l’intérêt général au-dessus des divergences. Il estime que la population de Beni et du Nord-Kivu a besoin d’unité pour faire face aux défis sécuritaires, notamment aux violences attribuées aux ADF et aux rebelles de l’AFC/M23, mais aussi pour lutter contre la maladie à virus Ebola.
Le journaliste et chroniqueur politique invite particulièrement les autorités à faire preuve de « sagesse politique » et à engager un dialogue avec la jeunesse afin d’examiner ses revendications, notamment celle portant sur la libération de Clovis Mutsuva.
Pour prévenir de nouvelles tensions, Azarias Mokonzi propose également la mise en place d’un cadre permanent d’échange réunissant les autorités, les jeunes activistes, les acteurs politiques et les représentants de la société civile.
Cette structure, qu’il présente comme une sorte de « parlement citoyen », aurait pour mission de favoriser les échanges sur la gouvernance, la sécurité et les autres préoccupations de la population. Elle permettrait également, selon lui, de formuler des propositions et des critiques constructives à l’endroit des autorités avant, le cas échéant, de les porter sur la place publique.
Gires Kasongo
