La présidente des femmes déplacées du troisième âge encadrées par la structure GLOTA/DRC en ville de Beni lance un appel à l’assistance en faveur des personnes âgées déplacées, confrontées à de multiples difficultés liées à l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans un entretien avec 24News Agency mardi 10 mars, Mme Jeanine, a expliqué que la situation sécuritaire a profondément bouleversé leurs conditions de vie.
« Nous vivons par la grâce de Dieu, mais nous souffrons énormément à cause de l’insécurité dans l’Est du pays », a-t-elle confié.
Selon elle, les activités agricoles qui permettaient autrefois aux familles de subvenir à leurs besoins sont aujourd’hui devenues dangereuses à cause des attaques attribuées aux rebelles des ADF.
« Avant, nous allions au champ sans problème. Aujourd’hui, si quelqu’un y va, il n’est pas sûr de revenir vivant. Même les enfants que nous envoyons chercher de quoi manger, comme le cacao au champ, sont parfois tués », déplore-t-elle.
Mme Jeanine souligne que plusieurs femmes âgées vivent désormais dans une grande précarité, certaines prenant en charge des petits-enfants devenus orphelins après la mort de leurs parents lors des attaques armées. Faute de moyens financiers, ces enfants ne fréquentent plus l’école.
Elle affirme également que la vie quotidienne est devenue extrêmement difficile pour ces déplacées qui peinent à se nourrir et à se loger.
« Nous n’avons même pas de maison et nous mangeons difficilement. Au marché, un fagot de feuilles de manioc coûte aujourd’hui 1000 francs congolais, alors qu’autrefois nous le récoltions gratuitement dans nos champs abandonnés. Deux bois de chauffage coûtent jusqu’à 5000 francs. Nous quittons parfois le marché en pleurant », témoigne-t-elle.
Malgré leur âge, ces femmes affirment être encore capables d’exercer certaines activités manuelles, comme la fabrication de paniers ou la coiffure. Toutefois, elles disent manquer de moyens pour démarrer ces petites activités génératrices de revenus.
Face à cette situation, la présidente des femmes déplacées du troisième âge appelle les autorités et les organisations humanitaires à leur venir en aide afin de leur permettre de survivre dignement et de prendre en charge les enfants dont elles ont la responsabilité.
Gires Kasongo
