La lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) reste confrontée à plusieurs défis dans la région de Beni au Nord-Kivu. Le manque de moyens financiers, la faible intégration de ces pathologies dans le système de santé primaire et la difficulté d’accès aux consultations constituent les principaux freins au dépistage et au traitement.
C’est le constat dressé par le Docteur Babah Lusungu, responsable de la Clinique Dieu est grand, lors d’un entretien accordé à 24News Agency, vendredi 13 Février 2026.
Selon ce professionnel de santé, la filariose et la schistosomiase figurent parmi les maladies les plus fréquentes dans la région. Il souligne que ces affections demeurent insuffisamment prises en charge, notamment en raison de la disponibilité limitée des traitements et du faible intérêt économique qu’elles suscitent auprès de certaines firmes pharmaceutiques.
«Les maladies tropicales négligées sont peu rentables pour les firmes pharmaceutiques. Ici à Beni, les plus répandues sont la filariose et la schistosomiase. Leur traitement reste difficile d’accès et elles ne sont pas suffisamment intégrées dans les soins de santé primaire», explique-t-il.
Le Dr Babah Lusungu plaide ainsi pour le renforcement des services de santé de proximité et une meilleure disponibilité des médicaments, en particulier dans les zones rurales, afin d’améliorer la prise en charge des patients.
Dans cette dynamique, la coordination provinciale du programme de lutte contre les MTN au Nord-Kivu a lancé, le 6 février dernier, une campagne gratuite de distribution de médicaments. Dans la zone de santé de Lubero, l’opération se déroule du 16 février au 16 mars 2026.
D’après le communicateur de la zone de santé, la campagne cible les personnes âgées de cinq ans et plus. Les femmes enceintes, les mères allaitantes de nourrissons de moins de sept jours ainsi que les personnes grabataires sont toutefois exclues.
Gires Kasongo
