En séjour dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, la ministre d’État chargée des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, s’est rendue, dimanche 20 septembre, au camp général Chiko, situé dans le quartier Mambango, dans la commune de Bungulu. Elle y a rencontré des femmes veuves de militaires et leur a apporté une assistance composée notamment de vivres et de produits non alimentaires.

Cette visite avait pour objectif de réconforter ces femmes, dont plusieurs ont perdu leurs époux engagés dans la défense du territoire national. Devant elles, Ève Bazaiba a rendu hommage au sacrifice consenti par leurs maris et salué le courage des familles restées auprès des militaires. « Le sang de vos maris a été versé pour ce pays, pour sa défense et sa protection. Ils se sont battus pour la sécurité et la paix au Congo. Ils ne seront pas oubliés, pas même un seul jour », a déclaré la ministre.

Pour Ève Bazaiba, l’assistance remise aux veuves ne peut effacer les souffrances liées à la perte de leurs proches, mais elle constitue un geste de solidarité à leur égard. « Cette aide ne va pas effacer toutes nos souffrances, mais elle témoigne de la fraternité et de l’amour qu’en tant que Congolais, nous devons partager, surtout en raison du service que vos maris ont accompli, tout comme vous », a-t-elle souligné.

La ministre a également reconnu le rôle important joué par les épouses des militaires dans le soutien aux familles pendant que leurs maris étaient au front. « Si vos maris ont trouvé la force d’aller au front, c’est parce qu’ils savaient que derrière eux, il y avait des femmes courageuses qui veillaient sur la famille », a-t-elle ajouté.

De leur côté, les veuves ont profité de cette rencontre pour exposer les difficultés auxquelles elles sont confrontées depuis leur déplacement de Goma vers Beni. Par la voix d’Aunte Anne-Marie, leur représentante, elles ont notamment plaidé pour le déblocage de leurs soldes. Selon elle, avant leur déplacement, les veuves percevaient régulièrement les soldes de leurs défunts maris auprès des banques, ce qui leur permettait notamment de prendre en charge la scolarité et les besoins quotidiens de leurs enfants. « Lorsque nous étions à Goma, chacune percevait la solde de son défunt mari à la banque, ce qui nous permettait de payer les études des enfants, de prendre soin d’eux et de continuer à vivre. Nous sommes devenues des déplacées, nous avons tout abandonné derrière nous, et aujourd’hui nos soldes sont bloquées au niveau de l’état-major », a-t-elle expliqué.

Face à cette situation, ces femmes disent vivre dans une grande précarité et sollicitent l’intervention des autorités nationales afin de trouver une solution à leur problème. « Maman, nous sommes heureuses de votre présence parmi nous. Maintenant que vous êtes là, aidez-nous. Voici le message que nous vous confions : allez dire à Kinshasa de débloquer nos soldes », a plaidé la représentante des veuves. En réponse, Ève Bazaiba les a rassurées quant à son engagement à relayer leurs doléances auprès des autorités compétentes et à œuvrer à l’amélioration de leur situation, tout en réaffirmant les efforts du gouvernement en faveur du rétablissement de la sécurité dans l’Est de la RDC.

Gires Kasongo