Le corps d’un éleveur a été retrouvé sans vie dimanche 17 Août dans le village de Kimomo, territoire de Kwamouth. Sa disparition remontait à trois jours, après son enlèvement par des miliciens identifiés comme appartenant au groupe Mobondo. Ces derniers, qui occupent plusieurs villages de la région, ont érigé des barrages pour empêcher le retour des populations déplacées.

Le chef du village de Kimomo, Stany Libie, tire la sonnette d’alarme, signalant la distribution de tracts annonçant une attaque imminente contre le village de Masiambio. Il appelle à une intervention militaire urgente afin de sécuriser la population. Selon lui, les miliciens Mobondo semblent déterminés à imposer leur autorité en installant des chefs coutumiers dans cette partie du Maï-Ndombe.

« Ils se sont retranchés profondément dans la zone. Leur objectif est clair : empêcher les habitants déplacés de revenir chez eux. Ils ont placé des barrières le long des rivières pour interdire tout retour et bloquer la reprise des activités agricoles. Cela montre qu’ils considèrent ces terres comme conquises. Nous avons également reçu deux lettres, qui circulent sur les réseaux sociaux, annonçant une attaque contre le village de Masiambio, où ils envisagent d’installer leur chef. Cette fois, nous demandons une véritable opération de ratissage. Trop souvent, on parle de ratissage, mais cela est suivi par des tentatives de réconciliation, tandis que les miliciens poursuivent leurs exactions », a déclaré Stany Libie.

La situation sécuritaire reste tendue et incertaine à Kwamouth, malgré une diminution apparente des incursions. Les miliciens Mobondo continuent de renforcer leur présence dans plusieurs villages, selon des sources locales.

En juillet dernier, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité avait réaffirmé, devant le gouvernement central, son engagement à organiser des dialogues de paix dans toutes les provinces touchées par le phénomène Mobondo. Ces forums, inspirés des accords qui avaient mis fin au conflit Mbole-Lengola dans la province de la Tshopo, visent à réconcilier les communautés en conflit et à restaurer l’ordre.

Cependant, malgré ces initiatives, les habitants de Kwamouth demeurent sous la menace constante des miliciens, et les appels à une intervention ferme se multiplient pour éviter une nouvelle escalade de la violence.

Serge Kayembe