Les activités socio-économiques et scolaires sont restées perturbées jeudi 14 mai en ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, à la suite d’un appel à une journée sans activités lancé par des mouvements citoyens et groupes de pression. Cette mobilisation vise à dénoncer la persistance de l’insécurité dans la région ainsi que la progression des rebelles ADF dans certaines zones du territoire de Mambasa, malgré les opérations militaires en cours.

Dès les premières heures de la matinée, des barricades ont été érigées sur plusieurs axes de la ville, perturbant la circulation des véhicules et des motos. Face à cette situation, les forces de l’ordre ont été déployées dans différents points jugés sensibles afin d’éviter tout débordement et maintenir l’ordre public. Certaines barricades ont par la suite été démantelées pour permettre une reprise partielle de la circulation.

À travers cette action, les organisateurs disent vouloir attirer l’attention des autorités sur la dégradation continue de la situation sécuritaire dans les territoires de Beni et de Mambasa. Ils dénoncent notamment les violences répétées attribuées aux rebelles ADF, qui continuent d’endeuiller plusieurs localités de la région.

Les mouvements citoyens évoquent également une recrudescence de la criminalité urbaine à Beni. Selon eux, au moins huit cas de meurtres auraient été enregistrés dans la ville au cours du dernier mois. Ils réclament ainsi des sanctions contre les auteurs présumés déjà interpellés et demandent la poursuite des enquêtes afin d’identifier et de traduire en justice tous les autres responsables.

Par ailleurs, les manifestants exigent la suppression de certains services installés aux barrières de Paida, Pasisi, Mukulya et Mavivi. Ils accusent ces postes de multiplier des pratiques assimilées à des tracasseries à l’encontre de la population.

Cette journée ville morte a eu un impact visible sur les activités quotidiennes. Plusieurs boutiques et établissements commerciaux sont restés fermés tandis que les écoles n’ont pas fonctionné normalement. Jusqu’à présent, aucun dégât humain n’a été signalé.

Gires Kasongo