La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a ouvert, lundi 29 juin, à Brazzaville, les travaux du Comité d’experts en gestion des finances publiques (GFP), une rencontre de quatre jours destinée à évaluer les réformes engagées dans les États membres et à renforcer la transparence budgétaire à l’échelle communautaire.

Organisée jusqu’au 2 juillet à l’hôtel Grand Lancaster, cette réunion rassemble une cinquantaine d’experts venus du Cameroun, de la République centrafricaine, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Tchad. Elle réunit également des représentants de la Commission de la CEMAC, de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), de la Cour des comptes de la CEMAC, de l’Institut d’économie et des finances (IEF), ainsi que des partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international (FMI), AFRITAC Centre, la Banque mondiale et le dispositif FORCE.

Placée sous le thème « Améliorer la production et l’utilisation des statistiques des finances publiques pour renforcer la transparence et la gouvernance budgétaire en zone CEMAC», cette session s’inscrit dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des directives communautaires de 2011 et de l’exécution du plan d’actions régional 2024-2026.

*Consolider quinze années de réformes*

Ouvrant les travaux, le commissaire de la CEMAC chargé du Département des politiques économique, monétaire et financière, **Nicolas Beyeme Nguema**, a rappelé que les directives communautaires adoptées en 2011 avaient pour ambition d’instaurer une gestion des finances publiques plus moderne, plus efficace et conforme aux standards internationaux.

Près de quinze ans après leur adoption, des avancées significatives ont été enregistrées, notamment l’intégration progressive des directives dans les législations nationales, le renforcement de la coordination régionale par la Commission de la CEMAC et l’accompagnement technique assuré par les partenaires internationaux.

Le responsable communautaire a toutefois estimé que ces progrès demeurent insuffisants face aux nombreux défis qui persistent. Il a notamment évoqué les difficultés de coordination institutionnelle, les insuffisances en ressources humaines qualifiées, les écarts méthodologiques entre les États ainsi que les limites des systèmes d’information.

« Cette rencontre constitue un nouveau départ afin de donner un nouvel élan décisif au processus de mise en œuvre de la réforme du cadre harmonisé des finances publiques », a-t-il déclaré, invitant les experts à définir un nouveau calendrier de mise en œuvre adapté aux réalités de chaque pays.

*Des statistiques publiques plus fiables au cœur des travaux*

Au-delà du suivi des réformes, cette édition du Comité d’experts met un accent particulier sur les statistiques de finances publiques, considérées comme un levier essentiel pour améliorer la gouvernance budgétaire et la prise de décision.

Les participants devront évaluer les progrès réalisés dans leur production et leur utilisation, identifier les insuffisances qui affectent leur qualité, leur cohérence et leur comparabilité, avant de proposer des solutions harmonisées à l’échelle régionale.

Plusieurs sessions techniques sont prévues autour de la validation du Guide sur les risques budgétaires, de la mise en œuvre du Compte unique du Trésor (CUT), de l’analyse des risques liés aux partenariats public-privé sur la dette publique ainsi que du renforcement de la gestion de la trésorerie, de la comptabilité publique et des systèmes d’information intégrés.

Les experts partageront également leurs expériences sur la mise en œuvre du budget-programme et les réformes de modernisation des administrations financières des six États membres.

*Vers une nouvelle feuille de route régionale*

À l’issue des travaux, la Commission de la CEMAC entend disposer d’un diagnostic régional consolidé sur les statistiques de finances publiques, d’un ensemble d’indicateurs harmonisés de suivi, ainsi que d’un plan d’actions actualisé couvrant la période 2027-2029.

Pour Nicolas Beyeme Nguema, le Comité d’experts, dont les attributions ont été renforcées en 2024, doit désormais s’imposer comme un véritable centre d’expertise régional, capable d’accompagner les États dans la mise en œuvre des réformes, de diffuser les bonnes pratiques et de favoriser l’harmonisation des méthodes de gestion des finances publiques.

Estimant que les besoins d’accompagnement restent importants, le commissaire de la CEMAC a enfin appelé les partenaires techniques et financiers à poursuivre leur engagement en mettant en place un projet spécifiquement dédié à l’accélération de la réforme du cadre harmonisé des finances publiques dans l’espace communautaire.

Solange Gandja, Correspondante