Le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a procédé ce vendredi 17 juillet 2026, à Mossaka, chef-lieu du département du Congo-Oubangui, à la mise en service officielle de l’alimentation de la ville en électricité à partir du réseau national interconnecté. Réalisé dans le cadre du programme national d’électrification des communautés rurales, ce projet met fin à plusieurs années d’isolement énergétique de cette cité fluviale et ouvre de nouvelles perspectives pour le développement économique, la pêche, les services publics et les activités commerciales.

Financé grâce à un partenariat entre le gouvernement congolais et la Banque d’import-export de l’Inde (Exim Bank of India), le programme d’électrification rurale représente un investissement de 69,46 millions de dollars américains. Il prévoit la construction de lignes de transport d’énergie, de postes de transformation et de réseaux de distribution dans plusieurs départements du pays. Après plusieurs localités déjà raccordées, Mossaka rejoint à son tour le réseau national.

En accueillant le chef de l’État, le préfet du département du Congo-Oubangui, Habib Gildas Obambi Oko, a qualifié cette journée de « page d’histoire » pour cette jeune entité administrative. Il a rappelé qu’il s’agit de la première visite officielle d’un président de la République depuis la création du département. Pour lui, l’arrivée de l’électricité dépasse largement la simple mise en service d’une infrastructure :
« L’électrification de la ville de Mossaka n’est pas simplement l’allumage de lampadaires, c’est l’allumage de l’espérance. C’est la lumière qui entre dans les écoles, dans les centres de santé, dans les foyers, dans les ateliers des artisans, dans les commerces, dans les rêves de notre jeunesse. Cette lumière annonce une nouvelle époque. Elle proclame que Mossaka n’est plus au seuil du développement. Elle y entre résolument. »
Sur le plan technique, le projet figure parmi les plus complexes réalisés ces dernières années dans le domaine de l’électrification rurale. Depuis le poste électrique d’Oyo, une ligne de transport de 110 kV, longue de 99,89 kilomètres, a été construite jusqu’à Mossaka, en traversant une succession de marécages, de tourbières, de galeries forestières et de bras d’eau.
Le chantier a nécessité la mise en place de 341 pylônes métalliques d’environ 25 mètres de hauteur, capables de résister aux conditions climatiques de cette région humide. Les travaux ont également permis la construction d’un poste de transformation de 110 kV d’une capacité de 2 × 6,3 MVA, l’extension du réseau de distribution basse tension sur 13 kilomètres ainsi que l’installation de 590 lampadaires destinés à l’éclairage public de la ville.

Selon le délégué général aux Grands Travaux, Oscar Otoka, les conditions naturelles ont constitué l’un des principaux défis de ce chantier :
« Sur ce tracé redoutable, la société sous-traitante Valiant Power a bravé mille et une difficultés pour avoir travaillé dans des conditions extrêmes. La rudesse de l’environnement, marquée par de redoutables marécages difficiles d’accès en toutes saisons, conjuguée à la présence des vipères, des pythons, des alligators, des hippopotames et autres reptiles, a fortement ralenti le rythme d’exécution des travaux. Malgré cela, 341 pylônes ont été érigés sur près de 100 kilomètres de ligne jusqu’à Mossaka. »
Au-delà de la performance technique, les autorités attendent de cette nouvelle infrastructure des retombées directes sur les conditions de vie des populations. L’alimentation électrique permanente devrait sécuriser la production et la distribution d’eau potable, améliorer la conservation des produits halieutiques, principale richesse économique de Mossaka, renforcer les services de santé et favoriser le développement des activités artisanales, commerciales et des petites entreprises.
Le projet s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à étendre progressivement le réseau national jusque dans les zones les plus enclavées. Oscar Otoka a rappelé que le Congo dispose aujourd’hui d’une capacité de production électrique d’environ 795 mégawatts, un potentiel destiné à soutenir l’objectif d’un accès plus large des populations à une énergie pérenne.
Surnommée la « Venise du Congo » en raison de sa situation au confluent du fleuve Congo et d’un vaste réseau de voies d’eau, Mossaka franchit ainsi une étape importante de son développement. Avec son raccordement au réseau national, la ville dispose désormais d’un atout supplémentaire pour renforcer son attractivité économique et accompagner la modernisation du département du Congo-Oubangui.
Solange Geandja
Correspondante

