Le président burkinabè, Ibrahim Traoré, appelle la jeunesse du Burkina Faso et, plus largement, celle de l’Afrique, à développer son esprit critique et à ne pas faire de la religion un instrument de dépendance ou de domination.

S’exprimant vendredi 04 Septembre devant des jeunes, le chef de l’État burkinabè a consacré une partie de son intervention à la question religieuse. Il a notamment dénoncé, selon lui, la mauvaise compréhension et le mauvais enseignement des religions, ainsi que leur instrumentalisation à des fins politiques.

« Je veux parler des religions, de la mauvaise compréhension des religions, du mauvais enseignement des religions. De l’utilisation des religions à des fins perfides, à des fins politiques, à des fins de domination. Il faut que vous soyez lucides, vous les jeunes. Je vous parle à vous ici dans cette salle. Je parle aux jeunes du Burkina et de l’Afrique », a-t-il déclaré.

Ibrahim Traoré a ensuite évoqué l’histoire de la colonisation à travers une formule régulièrement reprise dans les discours panafricanistes :

« Quand les Blancs sont arrivés, nous avions les terres, ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier, les yeux fermés, et lorsque nous avons ouvert les yeux, les Blancs avaient les terres et nous, nous avions la Bible. »

Pour le président burkinabè, cette réflexion doit pousser la jeunesse africaine à s’interroger sur son rapport au savoir, à la foi et à son propre potentiel.

Il l’encourage notamment à se perfectionner, à développer ses capacités intellectuelles et à ne pas attendre systématiquement une intervention divine pour résoudre les problèmes auxquels elle est confrontée.

Dans son propos, Ibrahim Traoré a également estimé que les Africains doivent davantage exploiter leurs capacités intellectuelles et faire preuve de discernement face aux enseignements qui leur sont transmis.

Cette position s’inscrit dans son discours plus large sur la souveraineté, l’autonomie et la nécessité, pour les Africains, de prendre davantage en main leur destin.

Ces déclarations ont notamment trouvé un écho favorable auprès de certains milieux panafricanistes, qui y voient un appel au réveil de la conscience africaine et à l’émancipation intellectuelle du continent.

Au-delà de la question religieuse, le message du président burkinabè se présente ainsi comme un appel à la responsabilité individuelle et collective : croire, mais aussi réfléchir ; prier, mais également agir ; et surtout, selon son approche, s’appuyer sur les capacités humaines pour contribuer au développement de l’Afrique.

À travers ces propos, Ibrahim Traoré invite donc la jeunesse burkinabè en particulier et africaine en général à développer son esprit critique, à renforcer ses connaissances et à participer activement à la construction de l’avenir du continent.

 

Zephyrin Amboka Pengume