La controverse autour de l’acquisition de l’immeuble SABENA par le Cadastre Minier continue d’alimenter les débats dans les milieux politiques et médiatiques congolais. Depuis plusieurs jours, des chiffres divergents circulent au sujet du coût réel de cette opération immobilière, donnant lieu à une avalanche de critiques contre la direction générale de l’établissement public chargé de la gestion du patrimoine minier national.

Selon certaines sources médiatiques et politiques, l’achat de cet immeuble aurait coûté entre 17, 25 et même 40 millions de dollars américains. Une variation importante qui, pour plusieurs observateurs, fragilise la crédibilité des accusations de surfacturation relayées dans l’espace public.

Au sein du CAMI, certains cadres dénoncent une campagne de dénigrement orchestrée dans le but de discréditer les réformes engagées par le Directeur général Popal Mabolia. D’après des indiscrétions proches du dossier, une contre-expertise technique réalisée par les services compétents du ministère des Infrastructures aurait conclu que la valeur de l’immeuble constitue un investissement stratégique et un apport patrimonial majeur pour l’institution.

Cette conclusion est utilisée par les soutiens de la direction actuelle pour défendre la régularité de l’opération et rejeter les accusations de mauvaise gestion financière. Pour eux, la polémique dépasse largement le simple cadre immobilier.

En coulisses, plusieurs analystes évoquent plutôt une lutte interne liée aux changements opérés au sein du CAMI depuis l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante. La restructuration engagée par la direction générale aurait, selon ces sources, affecté des réseaux d’influence établis depuis plusieurs années au sein de l’institution.

Le climat s’est davantage tendu après l’apparition du nom de l’ancien Directeur général Jean-Félix Mupande dans des allégations de proximité avec les rebelles de l’AFC-M23. Bien qu’aucune décision judiciaire définitive n’ait été rendue publique à ce sujet, certains proches de la direction actuelle estiment que cette situation a accentué les tensions internes et alimenté une guerre médiatique autour du CAMI.

Des sources internes affirment que plusieurs mesures de sécurisation administrative ont été prises afin de prévenir toute tentative de sabotage ou d’infiltration au sein de l’établissement. Cette réorganisation aurait conduit au démantèlement de certains réseaux considérés comme hostiles à la nouvelle gouvernance.

Toujours selon les mêmes indiscrétions, cette opération d’assainissement institutionnel expliquerait l’intensité des attaques médiatiques observées ces dernières semaines. La direction du CAMI entendrait poursuivre cette dynamique à travers d’autres mesures disciplinaires visant à renforcer la transparence et le contrôle interne dans la gestion du secteur minier.

Dans un contexte national marqué par les enjeux sécuritaires et économiques, le dossier de l’immeuble SABENA apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple débat sur une acquisition immobilière. Il révèle les tensions profondes qui traversent certaines institutions stratégiques du pays, particulièrement dans le secteur minier, considéré comme l’un des piliers de l’économie congolaise.

Pour les partisans de la direction actuelle, cette polémique serait avant tout la manifestation d’une résistance face aux réformes engagées au sein du CAMI. Les détracteurs, eux, continuent de réclamer davantage de transparence sur les conditions exactes de cette acquisition. Le débat, loin de s’éteindre, continue donc d’alimenter les discussions sur la gouvernance des ressources publiques en République démocratique du Congo.

Gires Kasongo