La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). Le Gouvernement congolais renforce progressivement son dispositif de prévention, de protection et de prise en charge des survivantes, avec un accent particulier sur l’accès à la justice et l’autonomisation des femmes et des filles victimes de violences. Cette dynamique s’inscrit dans la volonté des autorités de consolider les mécanismes de défense des droits humains et de réduire durablement les inégalités liées au genre.
Réunis mardi 12 mai à Kinshasa à l’occasion de la clôture de la 7ᵉ réunion du programme «JAD», les acteurs institutionnels et partenaires internationaux ont dressé un bilan jugé encourageant des actions déjà menées sur le terrain. Cette rencontre stratégique a permis d’évaluer les avancées du programme, mais aussi de définir de nouvelles orientations destinées à renforcer l’impact des interventions dans les provinces les plus exposées aux violences faites aux femmes et aux filles.
Prenant la parole aux côtés du docteur Patrice Vahard, représentant du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a salué les progrès enregistrés grâce aux efforts conjoints du Gouvernement et de ses partenaires. Elle a notamment mis en avant l’amélioration progressive de la prise en charge psychosociale, juridique et médicale des survivantes, tout en réaffirmant l’engagement des autorités à faire de la lutte contre les VBG une priorité nationale.
Selon la ministre, le programme « JAD » constitue aujourd’hui un outil stratégique dans l’accompagnement des survivantes et la promotion de leurs droits fondamentaux. Elle a souligné que les résultats obtenus démontrent la nécessité d’élargir cette initiative à d’autres espaces du pays afin de rapprocher davantage les services de justice, d’écoute et d’assistance des communautés locales, particulièrement dans les zones les plus vulnérables.
Dans cette perspective, le Gouvernement a annoncé l’implantation prochaine de nouvelles structures spécialisées dans les provinces de la Tshopo, du Maï-Ndombe et du Tanganyika. Ces dispositifs auront pour mission de renforcer l’accès des victimes à la justice, de favoriser leur autonomisation économique et de garantir une meilleure prise en charge multidisciplinaire des survivantes des violences basées sur le genre.
Les autorités congolaises entendent également consolider les Centres intégrés de services multisectoriels (CISM), considérés comme des maillons essentiels dans l’accompagnement des victimes. Le renforcement de ces centres devrait permettre d’améliorer la coordination entre les services médicaux, psychologiques, judiciaires et sociaux. Parallèlement, le Gouvernement prévoit d’élargir l’accessibilité de la Ligne Verte 122 afin de faciliter les signalements et l’assistance rapide aux survivantes sur l’ensemble du territoire national
Au-delà de la prise en charge des victimes, la ministre Micheline Ombae Kalama a insisté sur l’importance de la prévention et du changement des mentalités. Elle a annoncé l’ambition du Gouvernement d’introduire le concept de « masculinité positive » dans les établissements scolaires congolais. Cette approche vise à sensibiliser les jeunes générations aux valeurs de respect, d’égalité entre les sexes et de rejet de toutes formes de violences dès le plus jeune âge.
À travers cette politique de renforcement institutionnel et de transformation sociale, les autorités congolaises ambitionnent de bâtir une société plus inclusive, équitable et protectrice. Le Gouvernement réaffirme ainsi sa volonté de placer les droits des femmes et des filles au centre des politiques publiques, dans une démarche de cohésion sociale, de justice et de promotion durable des droits humains.
Don de Dieu Mbavu
