Un accueil chaleureux a été réservé aux Léopards, le dimanche 5 avril, à leur retour du Mexique, où ils ont battu les Reggae Boyz de la Jamaïque, obtenant ainsi leur qualification pour la Coupe du monde 2026. Devant un chef de l’État visiblement ému de joie, la population a exprimé son soutien aux fauves congolais, qui ont ramené la RDC à la Coupe du monde 52 ans après.
Face à cette liesse populaire, le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, a annoncé que chaque Léopard bénéficierait d’un véhicule et d’une maison pour saluer cette prouesse. Lors du dîner organisé en leur honneur, il a joint l’acte à la parole en procédant à la remise de ces véhicules.
Au-delà de ces récompenses, une prime a également été promise aux joueurs de l’équipe nationale. Cependant, bien que co-auteur de cette victoire car, même absente sur le terrain, elle a soutenu l’équipe de loin, la population semble avoir été ignorée. Aucune mesure ou promesse à portée collective n’a été annoncée lors de cet accueil.
Alors que cette journée de célébration appartient désormais au passé, que gagne concrètement la population de cette qualification ? L’histoire rappelle qu’après la victoire des Léopards face aux Diables rouges du Congo-Brazzaville en 1982 (5-2), sous le régime du maréchal Mobutu Sese Seko, une réflexion avait été engagée sur les infrastructures sportives.
À l’époque, Santos Mutubile avait suggéré la construction d’un stade, estimant que le stade Tata Raphaël (appelé 20 Mai à l’époque) était devenu trop exigu pour accueillir de grandes rencontres. Aujourd’hui, aucun projet d’envergure comparable ne semble émerger dans l’intérêt direct de la population.
À qui la faute ?
Rappelons que le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, avait déclaré aux Léopards : « En cas de qualification, demandez-moi ce que vous voulez, je vous le donnerai ». La responsabilité incombe-t-elle aux joueurs, qui n’auraient pas porté aussi les aspirations de la population ? Les joueurs méritent pleinement les honneurs qui leur ont été rendus, pour avoir fait la fierté de toute une nation.
Toutefois, ignorer les attentes de la population, notamment celles des fonctionnaires confrontés aux retards de paiement, pourrait, à terme, affaiblir le soutien populaire à l’équipe nationale.
Zéphyrin Amboka Pengume
