En marge de la qualification de l’équipe nationale de la RDC, le chef de l’État congolais a offert, le dimanche 5 avril, à chaque Léopard, en plus d’une prime dont le montant n’a pas été révélé, une maison ainsi qu’un véhicule de marque Jeep. Selon le journaliste Thierry Kambundi de Top Congo, la valeur de chaque véhicule est estimée à environ 150 000 dollars américains.

Au regard de cette dépense jugée faramineuse, le journaliste congolais Thierry Kambundi s’interroge sur l’origine des fonds ayant servi à ces dons, notamment la ligne budgétaire concernée.

« Nous avons vu les images des véhicules offerts aux Léopards, une soixantaine au total. Selon le chef de l’État, les maisons sont également disponibles. La question que je me pose est la suivante : de quel budget provient cet argent ? Est-ce que cela a été planifié ? Nous devons nous poser ces questions, car c’est cela aussi la démocratie et l’État de droit », s’est-il interrogé.

Entre les véhicules, les maisons et les primes, il s’agit de montants considérables dont la provenance reste inconnue, selon lui.

« Si vous faites le calcul : entre 150 000 et 160 000 dollars par Jeep multipliés par une soixantaine, auxquels s’ajoutent les parcelles qui leur seront attribuées, ainsi que les primes, cela représente des millions de dollars. D’où vient cet argent ? Était-ce prévu ? Était-ce planifié ? Cela provient-il de la ligne budgétaire du ministère des Sports ? Était-ce opportun, au regard des difficultés que connaît le pays, de dépenser autant d’argent pour ces dons ? », a-t-il poursuivi.

De la caravane à l’organisation de l’accueil des Léopards, Thierry Kambundi s’interroge également sur l’opportunité de telles dépenses après leur qualification.

S’il reconnaît que le gouvernement peut légitimement récompenser les Léopards pour leur performance, il s’oppose toutefois à ce que des millions de dollars soient engagés dans le contexte économique actuel du pays.

Par ailleurs, il interpelle les dirigeants sur la pertinence de ces dépenses alors que plusieurs projets restent bloqués en RDC faute de financement.

Le journaliste appelle enfin les décideurs nationaux à organiser un débat de fond sur cette question, rappelant qu’il s’agit de l’argent public.

Il n’est un secret pour personne que la situation financière du pays demeure préoccupante. À titre d’illustration, depuis le mois de décembre, le gouvernement éprouve des difficultés à payer les agents et fonctionnaires de l’État. Pour y faire face, il recourt notamment à des mécanismes d’adjudication, avec des taux d’intérêt en constante hausse.

Zéphyrin Amboka Pengume