Nichée au cœur de la province de la Tshopo, la cité de Yangambi fut, dans les années 70 et 80, un véritable pôle d’excellence scientifique en Afrique centrale. Elle abritait notamment la direction générale de INERA, un centre de référence en matière de recherche agronomique. À cette époque, chercheurs et experts s’y croisaient dans une dynamique de progrès.

Le déclin de la cité : infrastructures en ruine

Mais au fil des années, Yangambi s’est progressivement effacée du paysage national. Aujourd’hui, la cité manque cruellement d’infrastructures de base : pas d’électricité, un accès limité à l’eau potable, et des équipements publics en ruine. Une déchéance qui contraste fortement avec son passé prestigieux.

Un site stratégique pour le climat et la biodiversité

Pourtant, Yangambi reste un site stratégique dans la lutte contre le changement climatique. Sa forêt dense, au cœur du bassin du Congo, constitue un laboratoire naturel d’importance mondiale. Les recherches qui y sont menées contribuent à la compréhension des mécanismes de régulation climatique et de préservation de la biodiversité.

Une richesse fruitière exceptionnelle

La cité se distingue également par une richesse exceptionnelle : elle est considérée comme celle possédant la plus grande variété fruitière au monde, avec plus de 600 espèces recensées. Un potentiel agricole et économique immense, encore largement sous-exploité.

Un quotidien difficile pour les habitants

Cependant, le quotidien des habitants reflète une réalité bien différente. Routes dégradées, bâtiments abandonnés, herbes envahissantes, et un hôpital général délabré donnent à Yangambi l’image d’une cité abandonnée, malgré son importance scientifique et environnementale.

Yangambi a accueilli une étape clé de la Pré-COP27

C’est dans ce contexte que Yangambi a accueilli une étape clé de la Pré-COP27. En effet, la phase scientifique de ces travaux s’y est tenue du <<5 au 7 septembre 2022>>, réunissant experts nationaux et internationaux autour des enjeux climatiques et forestiers. Faute d’infrastructures hôtelières adéquates, certaines activités se sont déroulées dans des conditions précaires, notamment à bord d’un bateau.

Promesses et espoir des habitants

Lors de ces assises, en présence notamment de Ève Bazaiba, plusieurs promesses ont été faites, dont une enveloppe de 2 millions de dollars pour la réhabilitation de la cité. Ces annonces avaient suscité un réel espoir parmi les habitants.

Plusieurs années après : peu de changements visibles

Mais plusieurs années après, ces engagements peinent à se concrétiser. Sur le terrain, peu de changements sont visibles, laissant place à la désillusion et aux interrogations sur la volonté réelle des autorités de redonner vie à cette cité stratégique.

Un paradoxe à résoudre : relancer Yangambi

Yangambi incarne ainsi un paradoxe saisissant : une richesse naturelle et scientifique exceptionnelle, mais une réalité sociale alarmante. Sa relance apparaît pourtant essentielle, non seulement pour ses habitants, mais aussi pour la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.

 

Jacques Amboka