En République démocratique du Congo, une nouvelle polémique s’est installée dans l’opinion publique autour d’un slogan énigmatique : « Tout droit ti na 3 ». Ce mot d’ordre est perçu par certains comme une allusion à un éventuel troisième mandat du chef de l’État, Félix Tshisekedi, dont le deuxième et dernier mandat, selon la Constitution, doit s’achever en 2028.
La controverse a pris de l’ampleur le dimanche 5 avril, alors que la nation entière réservait un accueil chaleureux aux Léopards de la RDC, à la suite de leur qualification historique à la Coupe du monde, 52 ans après leur dernière participation.
Pour l’opposition, le régime de Kinshasa instrumentalise cette qualification à des fins politiques. Prince Epenge, membre de la coalition Lamuka, a dénoncé sur les réseaux sociaux « une récupération politicienne qui met en mal les efforts communs ».
De leur côté, certains proches du chef de l’État, notamment le ministre des Sports Didier Budimbu, avaient déjà affiché leur position depuis le Mexique.
Ce dernier avait affirmé que « le chef de l’État est le principal artisan de la qualification des Léopards à la Coupe du monde », critiquant au passage l’opposition, en particulier l’ancien président Joseph Kabila et sa famille politique, le Front commun pour le Congo.
Dans ce contexte, plusieurs affiches et banderoles portant la mention « Tout droit ti na 3 » ont été observées à travers la ville de Kinshasa, notamment aux abords du Palais du Peuple. Ces messages alimentent les spéculations autour d’une possible révision ou modification de la Constitution, une option déjà évoquée par certains cadres du pouvoir.
Faustin Kalenga
