La coalition de l’opposition Lamuka hausse le ton contre la décision des autorités congolaises d’accueillir, à Kinshasa, des migrants expulsés des États-Unis.

Dans une vidéo publiée ce mardi 7 avril sur les réseaux sociaux, son porte-parole, Prince Epenge, a vivement critiqué cette initiative, qu’il juge « inopportune et préoccupante ».
Selon lui, il est difficilement concevable que la République démocratique du Congo, confrontée à des défis sécuritaires et humanitaires majeurs, accepte de recevoir des migrants que l’ancien président américain Donald Trump avait publiquement qualifiés de « criminels » et de « personnes dangereuses ».

« Nous posons une question simple au président Félix Tshisekedi : à quel moment cet accord de transfert a-t-il été conclu, pour quelles raisons et au bénéfice de qui ? », a déclaré Prince Epenge, dénonçant un manque de transparence autour de ce partenariat.

L’opposant met également en avant ce qu’il considère comme une contradiction majeure : l’accueil de migrants étrangers dans un pays qui compte déjà plus de six millions de déplacés internes, dont une grande partie vit sans assistance humanitaire adéquate.

« Alors que le pays est en proie à l’insécurité et à des conflits persistants, y compris dans certaines zones urbaines, comment justifier une telle décision ? », s’est-il interrogé.

Prince Epenge va plus loin en accusant le chef de l’État de motivations politiques, évoquant une volonté de se rapprocher des États-Unis dans la perspective d’un éventuel troisième mandat. Une hypothèse qu’il qualifie de « dérive politique ».

« Pour Lamuka, accepter de transformer la RDC en terre d’accueil pour des migrants expulsés constitue une atteinte à la dignité nationale », a-t-il insisté, appelant le Congrès américain à reconsidérer tout accord de transfert vers le territoire congolais.

De son côté, le gouvernement congolais a confirmé, dimanche dernier, l’accueil « temporaire » de ressortissants de pays tiers à partir du mois d’avril, dans le cadre d’un partenariat avec les États-Unis. Les autorités assurent que ce dispositif n’entraînera aucune charge pour le trésor public, la prise en charge logistique et technique étant entièrement assurée par la partie américaine.

Kinshasa précise par ailleurs que chaque situation individuelle sera examinée avec rigueur, dans le strict respect des lois et des engagements internationaux de la République démocratique du Congo.

Ce dossier, désormais au cœur du débat politique, suscite de vives tensions entre pouvoir et opposition, sur fond de préoccupations sécuritaires et de souveraineté nationale.

Don de Dieu Mbavu