La République du Congo accélère la mise en œuvre de ses engagements climatiques. Ce 12 février 2026 à Brazzaville, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan Nonault, a procédé au lancement officiel de l’atelier d’élaboration du plan d’actions opérationnel et d’investissements de la troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0). En présence du coordonnateur résident du système des Nations Unies, Abdourahamane Diallo, ainsi que des partenaires techniques et financiers, cette rencontre marque le passage d’un engagement stratégique à une phase plus technique.
Contexte International
Dans un contexte international marqué par la multiplication des catastrophes climatiques—comme les effondrements de falaises en Europe, les cyclones meurtriers à Madagascar et les inondations au Mozambique—la ministre de l’Environnement a rappelé que « ces événements ne sont plus isolés, mais les symptômes d’une crise systémique globale ». Face à cette « fièvre planétaire », le Congo entend conjuguer vulnérabilité et responsabilité.
Stratégie de Développement Durable
Avec ses 23,5 millions d’hectares de forêts et d’importantes zones de tourbières, le pays mise sur la protection de ses écosystèmes comme levier stratégique de développement durable. La CDN 3.0 couvre des secteurs clés tels que l’énergie, l’agriculture, les déchets, l’eau, les infrastructures, la santé et la biodiversité, tout en intégrant les dimensions de genre, de jeunesse et de transition juste.
La ministre a insisté sur l’exigence de rigueur technique dans l’élaboration du futur plan d’actions :
« Il ne s’agit pas de dresser un inventaire sans lendemain, mais de concevoir des projets bancables, réalistes et restructurants. La crédibilité de notre pays auprès des fonds climatiques dépend de la précision de nos chiffrages et de la transparence de notre gouvernance. »
Arlette Soudan Nonault, ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo
Besoins Financiers
L’enjeu est désormais financier. Les besoins estimés pour la mise en œuvre de la CDN 3.0 s’élèvent à 8,6 millions de dollars américains pour la période 2025-2035. Ce montant devra être mobilisé auprès des partenaires multilatéraux, des fonds climatiques et via des mécanismes innovants, notamment le marché carbone.
Partenariats Stratégiques
Parmi les partenaires stratégiques figure l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), qui joue un rôle central dans la protection et la gestion durable des forêts du Bassin du Congo. À travers ses financements et son appui technique, la CAFI soutient la réduction de la déforestation, la promotion d’une agriculture durable, le renforcement de la gouvernance forestière et la mise en place de mécanismes de suivi carbone. Son accompagnement, aux côtés d’agences comme le PNUD, la FAO et l’UNOPS, a contribué à l’élaboration de la CDN 3.0. Ce partenariat vise à concilier développement économique et préservation du capital forestier, pilier du positionnement international du Congo comme pays à fort potentiel de séquestration carbone.
Engagement des Nations Unies
De son côté, le coordonnateur résident des Nations Unies a salué l’engagement du pays, confirmant que la CDN 3.0 a déjà été transmise au secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
« La République du Congo a élaboré une CDN avec des engagements très ambitieux. Elle a déjà été transmise au secrétariat de la CCNUCC et rejoint ainsi plus de 120 pays ayant soumis leur nouvelle contribution. C’est un signal fort de leadership climatique. »
Abdourahamane Diallo, coordonnateur résident du système des Nations Unies en République du Congo
Prochaines Étapes
Pour le système des Nations Unies, la CDN constitue désormais une référence stratégique pour le prochain cadre de coopération ONU-Congo 2027-2031, aligné sur l’Accord de Paris et les Objectifs de développement durable. La prochaine étape sera la présentation du plan d’investissement aux partenaires techniques et financiers, en prélude à une table ronde. Le Fonds bleu pour le Bassin du Congo, logé à la BDEAC, devrait également être mis en avant comme instrument régional de financement climatique.
L’atelier qui s’ouvre devra ainsi traduire l’ambition politique en projets concrets, capables de mobiliser les 8,6 millions USD nécessaires et de consolider le rôle du Congo dans la gouvernance climatique du Bassin du Congo.
Solange Geandja, Correspondante
