Le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a procédé ce vendredi 20 février 2026, dans la commune de Kintélé, à l’inauguration du campus pilote Terre d’école Christophe de Margerie, un établissement présenté comme un laboratoire d’éducation innovant au service du développement durable en Afrique.

Porté depuis 2012 par le Comité international pour le renouveau de l’Afrique, le programme éducatif Terre d’école ambitionne de réconcilier excellence académique, respect de la nature et transmission des savoirs traditionnels. Dans son allocution, la présidente de Terre d’école, Maria Maylin, a salué l’engagement du chef de l’État en faveur de la protection du bassin du Congo et de la justice climatique au bénéfice des populations locales.

Retrouver l’harmonie entre l’homme et la nature

Pour Maria Maylin, l’école doit redevenir un espace d’apprentissage de l’harmonie entre les êtres humains et leur environnement. Évoquant la forêt du bassin du Congo, « deuxième poumon de la planète », elle a rappelé que les générations passées entretenaient un lien intime avec la nature, considérée à la fois comme garde-manger et pharmacie.
Selon elle, la rupture de cet équilibre est à l’origine des dérives environnementales actuelles. L’ambition du programme Terre d’école est donc claire : former des citoyens responsables, conscients des enjeux écologiques, culturels et sociétaux, capables de contribuer à la souveraineté alimentaire et au développement durable du continent.
Le projet s’inscrit dans la dynamique des engagements internationaux, notamment l’Accord de Paris sur le climat et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Un campus de 15 hectares dédié à l’excellence

Bâti sur une superficie de 15 hectares à Kintélé, le campus pilote offre un enseignement du primaire au secondaire. Il comprend 30 classes, deux par niveau pour une capacité totale de 630 élèves. Trois dortoirs de 220 lits permettent d’accueillir les apprenants dans un cadre favorisant la vie collective, la sécurité et l’épanouissement.
L’établissement est doté d’infrastructures modernes : laboratoire de langues, salle informatique, bibliothèque, salle de conférence pour séminaires et interventions d’experts, ainsi qu’un centre médical intégré disposant de quatre lits d’hospitalisation. Des logements ont également été prévus pour assurer la présence permanente de l’équipe dirigeante et pédagogique.

Le cursus, conforme aux programmes nationaux, intègre une approche innovante axée sur l’ethnobotanique, la connaissance de la flore locale, la gestion durable des terres et la valorisation des pratiques agricoles traditionnelles appuyées par la recherche scientifique. Une académie de sport complète le dispositif afin de promouvoir l’esprit d’équipe et la cohésion sociale.

Un hommage à Christophe de Margerie

Le campus porte le nom de Christophe de Margerie, ancien PDG du groupe TotalEnergies, en reconnaissance de son soutien précoce au projet. Maria Maylin a souligné l’importance de l’appui constant du groupe et l’amitié qui liait Christophe de Margerie au président congolais.
Elle a également remercié plusieurs partenaires institutionnels et industriels, dont la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et Trident Energy, pour leur contribution à la réalisation des infrastructures.

Un modèle appelé à essaimer en Afrique

Présenté comme un « véritable laboratoire d’éducation innovant pour le développement durable », le campus pilote a vocation à devenir un modèle reproductible à travers le continent. Maria Maylin a exprimé le souhait que le chef de l’État en devienne le promoteur auprès de ses pairs africains, afin que le programme Terre d’école puisse s’implanter dans d’autres pays.

Solange Gandja, Correspondante