La création du Front pour la refondation de la nation (FRN) par l’ancien président Joseph Kabila continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise.
Ce mardi 13 octobre 2026, l’honorable Daniel Aselo Okito Wa Koy, ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, a livré sa réaction sur cette nouvelle plateforme politique, avec des propos particulièrement critiques.
L’élu de Lodja estime que l’annonce faite à Goma ne constitue pas un événement nouveau. « Posez la question à Seth Kikuni, je l’avais déjà dit. Ce qui se passe à Nairobi, c’est un non-événement, parce que c’est la rébellion du M23/AFC, car Kabila en est le fondateur », a-t-il déclaré.
Au-delà de cette prise de position, Daniel Aselo a directement interpellé les confessions religieuses qui plaident pour un dialogue national inclusif, notamment la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC).
« Que l’Église catholique et l’Église protestante tirent des conséquences. Elles vont encore le soutenir, c’est la bêtise », a-t-il martelé.
Cette déclaration vise les deux organisations religieuses, engagées dans l’initiative du Pacte social pour la paix et le bien-vivre-ensemble en RDC et dans la recherche d’une issue à la crise politique et sécuritaire. La question de la participation de Joseph Kabila et des représentants de la rébellion au dialogue national reste au cœur des discussions.
Pour l’ancien ministre de l’Intérieur, la création du FRN confirme, selon son analyse, les liens qu’il établit entre Joseph Kabila et la rébellion de l’AFC/M23. À Goma, le 12 octobre, l’ancien chef de l’État a été présenté comme président de cette plateforme, aux côtés de Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga, annoncés comme vice-présidents.
Daniel Aselo a également adressé un message aux partisans de l’ancien président qui se trouvent à Kinshasa. « Que les adeptes de Kabila ici à Kinshasa tirent aussi les conséquences », a-t-il conclu.
Cette prise de position intervient alors que la perspective d’un dialogue national inclusif continue d’alimenter le débat politique en RDC. Elle pose notamment la question de la place qui pourrait être accordée aux acteurs politiques associés à la nouvelle plateforme et aux représentants des groupes armés concernés par la crise dans l’Est du pays.
Pour rappel, la CENCO et l’ECC défendent une démarche de dialogue visant à rechercher une issue durable aux crises que traverse la RDC. La participation des acteurs impliqués dans le conflit à l’Est, y compris ceux de l’AFC/M23, ainsi que celle de Joseph Kabila, figure parmi les questions sensibles de ce processus.
Par Zéphyrin Amboka Pengume
