Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a pris part, ce lundi 12 octobre 2026 à Kinshasa, à la table ronde « Médias–Justice–Sécurité ». Cette rencontre a réuni des magistrats, des responsables des services de sécurité, des journalistes, des patrons de presse ainsi que des acteurs du numérique.

Organisée dans un contexte marqué par la désinformation, la propagation des discours de haine et les tensions récurrentes entre les professionnels des médias et les appareils judiciaire et sécuritaire, cette rencontre visait à favoriser le dialogue et à définir les bases d’une collaboration respectueuse des libertés fondamentales et des lois de la République.

Dans son intervention, le ministre d’État a réaffirmé que la liberté de la presse constitue un pilier essentiel de la démocratie congolaise. Il a assuré que le gouvernement entendait garantir son exercice, conformément aux principes défendus par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

« Le gouvernement que je représente ici est pleinement engagé à protéger la liberté de la presse et la liberté d’expression. Il n’est pas question de museler les journalistes », a déclaré Guillaume Ngefa.

Le Garde des Sceaux a toutefois souligné que l’exercice de cette liberté devait s’accompagner d’un sens élevé des responsabilités, particulièrement à l’ère du numérique, où la diffusion de fausses informations peut avoir des conséquences importantes sur la cohésion sociale et la sécurité publique.

« La liberté de la presse n’est pas la liberté de diffamer, de manipuler l’opinion ou de porter atteinte à la sûreté de l’État. Nous devons promouvoir la responsabilité des acteurs numériques. Un post Facebook, un tweet, une vidéo TikTok peuvent aujourd’hui avoir plus d’impact qu’un article de journal et leurs auteurs doivent répondre de leurs actes devant la loi », a-t-il martelé.

Pour améliorer les relations entre la justice et les médias, le ministre a également évoqué plusieurs pistes d’action, notamment le respect des procédures légales lors de l’interpellation des journalistes, avec l’implication du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) et des organisations professionnelles concernées.

Il a aussi insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des magistrats et des officiers de police judiciaire en matière de droit de la presse et de législation sur le numérique. La lutte contre les arrestations arbitraires et les détentions prolongées de journalistes figure également parmi les préoccupations soulevées.

« Nous voulons une justice qui protège le journaliste dans l’exercice légal de son métier, mais aussi une justice qui protège le citoyen contre les dérives de certains médias. C’est cela l’équilibre de l’État de droit », a-t-il ajouté.

À l’issue des échanges, des recommandations devraient être soumises au gouvernement en vue de l’élaboration d’un code de bonne conduite tripartite impliquant les médias, la justice et les services de sécurité.

Cette initiative entend contribuer à réduire la méfiance entre ces différents acteurs et à promouvoir un environnement médiatique où la liberté d’informer, le respect des droits fondamentaux et la responsabilité professionnelle puissent s’exercer dans le respect de la loi.

Par Zéphyrin Amboka Pengume