La solution peine toujours à se dessiner dans la crise que traverse la République démocratique du Congo, marquée par la guerre qui sévit dans l’Est du pays, menée par le M23/AFC avec le soutien du Rwanda. Les nombreuses initiatives de paix engagées jusqu’ici semblent produire peu d’effets, tandis que les populations vivant dans les zones sous contrôle du M23/AFC sont à bout. « La souffrance est au-delà du supportable », confient plusieurs de ces compatriotes.
Washington : un accord sans impact réel sur le terrain
Présenté comme un sommet décisif pour une solution durable, l’accord de Washington suscitait de grands espoirs, au regard de l’influence des États-Unis. Pourtant, plus de deux mois après sa signature, les bruits de bottes ne se sont jamais tus sur le front. Certains observateurs estiment même qu’« avant Washington équivalait à après Washington », tandis que d’autres jugent la situation encore pire depuis cet accord, exposant l’impuissance apparente de la superpuissance américaine. Une position qui contraste avec les déclarations du président américain Donald Trump, qui se vante d’avoir mis fin à un conflit armé de plus de 20 ans entre le Rwanda et la RDC. « Il vit dans un autre univers », ironise un étudiant congolais.
Luanda reprend l’initiative diplomatique
C’est dans ce contexte que le président de la République, Félix Tshisekedi, a effectué, en l’espace d’une semaine, deux voyages en Angola pour rencontrer son homologue João Lourenço, président angolais et président en exercice de l’Union africaine. Premier médiateur du processus de Luanda, João Lourenço connaît bien le dossier. C’est d’ailleurs en Angola que Félix Tshisekedi et Paul Kagame devaient signer un accord de paix en 2025, avant que le président rwandais ne décline l’invitation à la dernière minute.
Vers un dialogue direct avec le M23/AFC ?
Dans la continuité des processus de Doha et de Washington, Luanda tente aujourd’hui d’accélérer la mise en place d’un dialogue direct entre le M23/AFC et le gouvernement congolais. Le président angolais serait personnellement engagé à établir le contact avec les rebelles. Kinshasa, de son côté, pose des préalables clairs, notamment l’instauration d’un cessez-le-feu avant toute discussion.
La question sensible de Joseph Kabila
Pour l’opposition, un véritable dialogue devrait également inclure un acteur majeur : Joseph Kabila, ancien président de la République, condamné à mort par la Haute Cour militaire. Certaines sources évoquent cette question comme l’une des conditions avancées par João Lourenço, notamment la levée de la condamnation du sénateur à vie, la cessation des poursuites contre l’ancien Premier ministre Matata Ponyo, ainsi que le retour au pays de Moïse Katumbi.
Un dialogue incertain, mais inévitable ?
Si le lieu de ce dialogue, potentiellement décisif, reste inconnu, Luanda et Kinshasa semblent avancer dans la même direction. Une interrogation demeure toutefois : Joseph Kabila à Kinshasa ? Dans le climat politique actuel, un tel scénario paraît peu probable. À Goma, certains estiment que le dialogue ne peut se tenir sous la présidence de Félix Tshisekedi, présenté comme le véritable problème. Un discours stratégique, selon plusieurs analystes, car tous les acteurs savent que la clé d’un dialogue reste le chef de l’État en exercice.
Le silence des acteurs et les doutes persistants
Pour l’instant, le silence reste total du côté de Joseph Kabila, de Matata Ponyo et de Moïse Katumbi. Ce dialogue tant attendu aura-t-il finalement lieu ? Les tendances indiquent une volonté réelle d’y parvenir, malgré les nombreuses interrogations qu’il suscite. Que peut réellement résoudre un dialogue face à un conflit qui dure depuis près de 30 ans ? Seul le temps, fidèle allié de la vérité, en dira davantage.
Jacques Amboka
