Une équipe d’étudiants de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) organise, ce jeudi 23 juillet à 10 heures, dans la salle de la bibliothèque de l’université, une conférence de sensibilisation consacrée au fact-checking et à la lutte contre la propagation des rumeurs en milieu universitaire.

Cette activité s’inscrit dans le cadre de leur projet tutoré intitulé : « Le fact-checking comme outil de lutte contre la propagation des rumeurs en milieu universitaire : création de cellules de fact-checking dans les établissements de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovation (ESURSI) ».

Placée sous le thème « Désinformation dans les milieux universitaires : quelle thérapie ? », cette rencontre vise à sensibiliser la communauté universitaire aux dangers liés à la circulation d’informations non vérifiées et à réfléchir aux mécanismes susceptibles de renforcer la culture de la vérification des faits dans les établissements d’enseignement supérieur.

À travers cette initiative, les étudiants de l’UNISIC entendent apporter une réponse académique et citoyenne à un phénomène devenu préoccupant dans les universités : la propagation rapide des rumeurs et des fausses informations, notamment via les réseaux sociaux et les plateformes numériques.

Une initiative estudiantine face à un défi informationnel

Dans les universités, l’information occupe une place essentielle dans l’organisation de la vie académique. Toutefois, avec le développement des technologies numériques, les établissements sont de plus en plus exposés aux contenus trompeurs, aux fausses alertes et aux informations sorties de leur contexte.

De faux communiqués attribués aux autorités académiques, des rumeurs sur les horaires des cours, les examens, les résultats, les frais académiques ou encore les décisions administratives peuvent rapidement se propager parmi les étudiants, provoquant incompréhensions, inquiétudes et perturbations.

Conscients de cette réalité, les initiateurs du projet ont choisi de placer la lutte contre la désinformation au cœur de leur réflexion. Selon eux, cette responsabilité ne relève pas uniquement des médias professionnels, mais également des institutions universitaires et de leurs communautés.

Le fact-checking comme outil de prévention

Le fact-checking, ou vérification des faits, est aujourd’hui reconnu comme l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre la désinformation.

Cette pratique consiste à examiner une information, à rechercher des preuves, à confronter les sources disponibles et à établir la véracité des contenus avant leur diffusion.

Pour les porteurs du projet, développer cette culture de la vérification dans les universités est devenu une nécessité. L’objectif est de renforcer l’esprit critique des étudiants, des enseignants et du personnel administratif face aux informations reçues et partagées au quotidien.

Le projet prévoit notamment la création de cellules de fact-checking dans les établissements de l’ESURSI. Ces structures auraient pour mission d’assurer une veille informationnelle, d’analyser les informations circulant dans le milieu universitaire et de diffuser des contenus fiables auprès de la communauté académique.

Jean Bedel Ndandula attendu comme conférencier

Pour enrichir les échanges, les organisateurs ont invité Jean Bedel Ndandula, spécialiste de l’information et de la communication, chercheur et formateur en médias et en fact-checking.

Assistant à l’UNISIC, doctorant en Sciences de l’Information et de la Communication, il est également directeur du Service Fact-checking de l’Agence Congolaise de Presse (ACP-RDC). Il coordonne aussi le Réseau des journalistes fact-checkers des agences de presse africaines (RJF-FAAPA), une plateforme dédiée au renforcement des compétences des professionnels africains en matière de vérification de l’information.

Son intervention portera sur les mécanismes de production et de diffusion des fausses informations, les méthodes professionnelles de vérification des faits ainsi que les stratégies adaptées au contexte universitaire.

Un projet au service de l’innovation

Au-delà de cette conférence, cette initiative illustre la volonté des étudiants de mettre leurs connaissances au service de la résolution d’un problème concret de société.

En proposant la création de cellules de fact-checking dans les universités, ils ouvrent une réflexion sur la gouvernance de l’information dans les établissements de l’ESURSI. Leur ambition est de faire de l’université un espace où l’information est non seulement produite et diffusée, mais aussi systématiquement vérifiée et analysée.

Cette conférence constitue ainsi une contribution au renforcement de la qualité de l’information dans le milieu académique. Elle rappelle que chaque membre de la communauté universitaire a un rôle à jouer dans la lutte contre la désinformation.

À l’heure où une fausse information peut atteindre des milliers de personnes en quelques minutes grâce aux technologies numériques, développer l’esprit critique et la culture de la vérification des faits apparaît comme une compétence indispensable.

À travers leur projet tutoré, ces étudiants démontrent que la formation universitaire peut dépasser le cadre théorique pour devenir un véritable levier d’innovation sociale, en plaçant le fact-checking au cœur d’une communication universitaire fondée sur la transparence, la rigueur et le respect des faits.

Don de Dieu Mbavu