La lutte contre la désinformation en milieu universitaire était au cœur d’une conférence de sensibilisation organisée par les étudiants de troisième licence (L3) de la Faculté de Communication Appliquée de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), dans le cadre de leur projet tutoré intitulé : « Le fact-checking comme outil de lutte contre la propagation des rumeurs en milieu universitaire : création des cellules de fact-checking dans les établissements de l’ESU ».
Organisée dans la salle de la bibliothèque de l’UNISIC, cette activité a réuni plus de quarante participants, notamment des enseignants, des assistants, des étudiants ainsi que plusieurs invités intéressés par les questions liées à la qualité de l’information.
Après le mot d’ouverture prononcé par un membre de l’équipe organisatrice, la conférence a été animée par Jean-Bedel Ndandula, spécialiste de l’information et de la communication, chercheur et formateur en médias et en fact-checking, dont l’expertise dans le domaine de la vérification de l’information est aujourd’hui reconnue en République démocratique du Congo et au-delà.
Assistant à l’UNISIC et doctorant en Sciences de l’Information et de la Communication, Jean-Bedel Ndandula dirige le Service Fact-checking de l’Agence Congolaise de Presse (ACP-RDC).
Il assure également la coordination du Réseau des journalistes fact-checkers des agences de presse africaines (RJF-FAAPA), une plateforme qui œuvre au renforcement des capacités des professionnels africains des médias en matière de vérification de l’information.
Intervenant sur le thème « La désinformation en milieu universitaire », le conférencier a dressé un état des lieux préoccupant de la circulation des fausses informations dans les espaces académiques, où les réseaux sociaux favorisent une diffusion rapide de contenus non vérifiés.
Au cours de son exposé, Jean-Bedel Ndandula a expliqué les principaux mécanismes de production et de propagation de la désinformation.
Il a notamment présenté une typologie des fausses informations en distinguant les fake news, les canulars, les images et vidéos sorties de leur contexte, les contenus manipulés ainsi que les deepfakes, ces contenus générés ou modifiés grâce à l’intelligence artificielle pour tromper le public.
Au-delà de l’analyse du phénomène, le spécialiste a partagé plusieurs méthodes professionnelles utilisées dans le fact-checking. Il a insisté sur la nécessité de vérifier systématiquement les sources, d’identifier l’origine des contenus, de recouper les informations auprès de plusieurs références crédibles et d’utiliser les outils numériques de vérification avant toute diffusion.
Pour Jean-Bedel Ndandula, la lutte contre la désinformation ne relève pas uniquement de la responsabilité des journalistes. Elle constitue également un devoir citoyen, particulièrement pour les étudiants appelés à devenir les futurs cadres, chercheurs et communicateurs du pays.
Dans son message de clôture, il a exhorté les étudiants à devenir de véritables sentinelles de l’information, capables d’exercer un esprit critique face aux contenus qui circulent quotidiennement sur les plateformes numériques. Il les a encouragés à promouvoir la culture de la vérification des faits et à contribuer activement à freiner la propagation des rumeurs au sein des établissements d’enseignement supérieur.
Cette conférence s’inscrit dans la démarche des étudiants de L3 de la Faculté de Communication Appliquée, qui ambitionnent de promouvoir la création de cellules de fact-checking dans les établissements de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU).
À travers cette initiative, ils souhaitent renforcer la culture de la vérification de l’information et encourager l’adoption de bonnes pratiques face aux défis croissants de la désinformation.
Par la qualité de son intervention et la richesse des échanges avec les participants, Jean-Bedel Ndandula a rappelé que le fact-checking constitue aujourd’hui un outil incontournable pour préserver la crédibilité de l’information, consolider l’esprit critique des citoyens et protéger les espaces universitaires contre les effets néfastes des rumeurs et de la manipulation de l’information.
Don de Dieu Mbavu
