Quand, où et avec qui se tiendra le dialogue inclusif souhaité ? À l’heure actuelle, aucune réponse claire n’est donnée. Cependant, des avancées se dessinent, particulièrement à Luanda, où le président angolais João Lourenço reçoit des délégations des acteurs impliqués dans la crise et celles cherchant une solution durable au conflit qui ravage l’est de la République démocratique du Congo.
Luanda, au cœur des tractations diplomatiques
Suite aux deux visites effectuées en moins d’une semaine par le président congolais Félix Tshisekedi, certaines sources font état, sans confirmation officielle, de la présence récente de l’ancien président Joseph Kabila. Quoi qu’il en soit, une dynamique semble s’établir sous la médiation de João Lourenço, qui a joué un rôle essentiel dans le processus de Luanda avant de prendre pleinement la présidence de l’Union africaine. Expert de la crise et de ses acteurs, le président angolais semble maîtriser les enjeux et les ressorts régionaux.
Les Églises engagées pour la tenue du dialogue
Dans ce contexte, le président angolais a reçu une délégation conjointe de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), deux institutions qui plaident depuis longtemps pour un dialogue inclusif. La délégation comprenait Mgr Fulgence Muteba Mugalu et Mgr Donatien Nshole pour la CENCO, ainsi que Mgr Babandowa pour l’ECC. La rencontre a permis d’évaluer la situation sécuritaire dans l’est du pays, où les tensions persistent malgré la signature de l’accord du 4 décembre 2025.
Silence et réticences des belligérants
Il est important de noter que cette initiative fait face à un silence relatif de la part des différents protagonistes. Certains belligérants semblent réticents à s’engager publiquement en faveur d’un dialogue, comme le laissent entendre les comportements observés au sein de leurs cercles respectifs.
L’inclusivité comme préalable essentiel
Pour plusieurs experts, un dialogue crédible nécessite des préalables clairs.
« Le premier préalable, c’est l’inclusivité. Tous les acteurs clés de cette crise doivent participer », déclare l’analyste politique Christian Moleka.
Un dialogue de plus dans une longue tradition congolaise
Les Congolais sont habitués à des dialogues politiques. Depuis l’indépendance, près d’une quarantaine ont été organisés. Cette nouvelle tentative pourrait se distinguer par le contexte régional, particulièrement à la lumière des récentes déclarations du président rwandais Paul Kagame, qui affirme que le problème en RDC ne réside ni dans le M23 ni chez le président Tshisekedi, mais plutôt dans des terres que le Rwanda souhaite récupérer.
Des interrogations sur l’issue du dialogue
Cette position controversée soulève de nombreuses questions quant à l’issue du dialogue.
« Dialoguer, c’est bien, mais comment ce dialogue pourra-t-il ramener la paix tant que les revendications du président rwandais sont d’une autre nature ? Le dialogue entre Congolais peut-il restituer des terres au Rwanda, alors que la RDC ne les lui a jamais prises ? », s’interroge Traoré Cissé, journaliste et analyste.
Jacques Amboka Mokoko
