De passage à Paris, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Donatien Nshole, s’est montré particulièrement critique envers le président de la République, Félix Tshisekedi, qu’il accuse de bloquer la convocation du dialogue national et inclusif pourtant annoncé dans la feuille de route publiée par la CENCO en août dernier.
Interrogé par des médias locaux sur le refus du chef de l’État d’engager ce processus, Donatien Nshole a placé Félix Tshisekedi face à ce qu’il qualifie de responsabilité historique, tout en alertant sur les conséquences potentielles d’une telle posture.
« À un certain moment donné, il répondra devant Dieu et devant l’histoire. Nous ne cesserons jamais de le rappeler », a-t-il déclaré.
S’il a salué les efforts de médiation menée par plusieurs partenaires extérieurs pour rétablir la paix en RDC et dans la région des Grands Lacs, le secrétaire général de la CENCO estime néanmoins que ces initiatives demeurent « insignifiantes » si les « véritables causes internes » du conflit ne sont pas prises en compte.
Kinshasa, pour sa part, juge cette démarche « inféodée ». Lors de son récent séjour à Bruxelles, Félix Tshisekedi avait fermement rejeté l’idée d’un dialogue sous l’égide de la CENCO-ECC, affirmant qu’une telle initiative reviendrait, selon lui, à « défendre les intérêts de l’agresseur ». Le président avait en outre appelé la classe politique congolaise à dénoncer publiquement le Rwanda, condition qu’il considère comme préalable à toute convocation d’un dialogue.
Faustin Kalenga
