L’Éthiopie franchit une étape importante vers la sortie de son défaut de paiement. Le Comité des créanciers officiels, coprésidé par la France et la Chine, a donné son feu vert préliminaire à l’accord conclu entre Addis-Abeba et ses créanciers privés pour restructurer une obligation internationale d’un montant de 1 milliard de dollars.
Cet accord de principe avait été conclu en juin 2026, après plusieurs tentatives infructueuses. Il prévoit notamment le remplacement de l’ancienne obligation par un nouveau titre de 880 millions de dollars, remboursable progressivement jusqu’en 2029. L’accord prévoit également le règlement de près de 99,4 millions de dollars d’intérêts impayés.
Pour Addis-Abeba, cette avancée est cruciale. L’Éthiopie avait fait défaut sur cette obligation en décembre 2023, après avoir manqué le paiement d’un coupon de 33 millions de dollars. Depuis, le pays négocie avec ses créanciers dans le cadre du Common Framework du G20, destiné à faciliter la restructuration de la dette des pays en difficulté.
Mais le feu vert des créanciers officiels ne signifie pas encore que le dossier est définitivement réglé. Le Comité s’est notamment inquiété du mécanisme appelé « New Money Warrant », qui pourrait accorder aux détenteurs de l’obligation des droits sur une future émission obligataire éthiopienne pouvant atteindre 1 milliard de dollars. Le Comité estime que certaines modalités devront être surveillées afin de garantir un traitement équitable entre les différents créanciers.
Le prochain obstacle reste donc l’approbation formelle de l’accord par les détenteurs de l’obligation. Si elle intervient, Addis-Abeba se rapprochera d’une sortie de défaut et pourrait améliorer progressivement sa crédibilité financière internationale. Cette restructuration constitue également un test majeur pour le mécanisme du G20, dont l’efficacité est mise à l’épreuve par le long processus de résolution de la dette éthiopienne.
Luc Jovial Wendy
