Le décès de l’humanitaire française Karine Buisset, fonctionnaire de UNICEF, survenu mercredi 11 mars à Goma, continue de provoquer des réactions au sein de la classe politique congolaise.
Parmi les prises de position enregistrées figure celle de Eugène Diomi Ndongala, président du parti Démocratie Chrétienne.
Dans une publication diffusée sur son compte X, l’opposant congolais attribue la responsabilité de ce qu’il qualifie de «meurtre» aux rebelles du M23.
Selon lui, les images diffusées de la résidence où s’est produit le drame ne correspondent pas à l’hypothèse d’un bombardement aérien.
Il affirme plutôt qu’il pourrait s’agir d’une opération menée au sol par des éléments du M23, qu’il accuse d’être soutenus par le Rwanda.
Pour étayer son analyse, l’homme politique évoque les impacts visibles sur les murs de l’habitation, estimant que leur configuration ne correspondrait pas à une frappe aérienne.
Il évoque l’hypothèse d’une «mise en scène» destinée, selon lui, à faire porter la responsabilité de la mort de l’humanitaire aux autorités de Kinshasa.
«Les photos ne mentent pas. Ces impacts de balles ne correspondent en rien à une frappe aérienne. Il s’agit plutôt d’une opération terrestre maladroite et précipitée orchestrée par ceux qui contrôlent Goma depuis janvier 2025, notamment l’Alliance Fleuve Congo», a-t-il déclaré.
D’après Eugène Diomi Ndongala, Karine Buisset travaillait dans le domaine de la protection de l’enfance et aurait participé à plusieurs enquêtes portant sur des exactions présumées commises dans les zones de conflit, notamment des massacres de civils, des violences sexuelles et la destruction d’infrastructures scolaires.
L’opposant estime que la mort de l’humanitaire pourrait viser à faire taire un témoin susceptible de documenter des violations graves des droits humains.
Il avance également l’hypothèse d’une opération visant à imputer cet acte aux autorités congolaises.
«Pourquoi Kinshasa chercherait-il à éliminer une humanitaire plutôt que les chefs rebelles eux-mêmes ?», s’est interrogé le président de la Démocratie Chrétienne, estimant que cette question devrait être prise en compte dans l’analyse des circonstances du drame.
À ce stade, aucune enquête indépendante n’a encore établi les responsabilités dans la mort de l’agente de l’UNICEF.
L’incident intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile dans l’est de la République démocratique du Congo, marqué par la persistance des combats impliquant le M23 et d’autres groupes armés.
Zéphyrin Amboka Pengume
