À Tchomia, dans le territoire de Djugu, en Ituri, d’anciens combattants démobilisés participent désormais à la lutte contre la maladie à virus Ebola. À environ 65 kilomètres au sud de Bunia, ces ex-combattants sont engagés dans des activités de sensibilisation communautaire, avec l’appui de la MONUSCO et dans le cadre du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS).

L’initiative est mise en œuvre par l’ONG Hope for Peace and Development (HPD) et le Réseau des Associations pour le Développement Durable (RAD ASBL), avec l’accompagnement de la Section Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Stabilisation de la MONUSCO.

Au total, 32 mobilisateurs communautaires prennent part à cette campagne, dont 27 anciens combattants bénéficiaires du P-DDRCS. Avant d’aller sur le terrain, ils ont été formés aux mesures de prévention contre Ebola, à la détection précoce des cas suspects ainsi qu’aux techniques de sensibilisation.

Depuis le lancement des activités, ces mobilisateurs sillonnent plusieurs endroits fréquentés de Tchomia, notamment le marché central, les restaurants, le centre de la cité et le site de la provenderie. Ils sensibilisent les habitants sur les moyens de prévenir la propagation du virus, insistant notamment sur l’hygiène des mains, la reconnaissance rapide des symptômes suspects et le signalement des cas aux services de santé.

Pour les initiateurs du projet, cette participation des ex-combattants représente aussi une manière de renforcer leur réinsertion dans la communauté. Autrefois associés aux groupes armés, ils mettent aujourd’hui leur énergie au service de la protection des populations.

En parallèle, un programme de formation professionnelle est prévu pour 233 bénéficiaires. Il s’agit de 87 ex-combattants et 146 membres de la communauté, parmi lesquels 66 femmes vulnérables.

Les formations seront axées sur la fabrication et la transformation moderne d’aliments nutritifs destinés notamment à l’élevage des poissons, des volailles et d’autres animaux. L’objectif est de réduire la dépendance aux produits importés des pays voisins, notamment la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda, tout en créant des sources de revenus locales.

Florent Nzama, coordonnateur de l’ASBL RAD, estime que cette formation peut notamment contribuer au développement de la pisciculture et de la pêche écologique.

« Ces formations sont utiles pour rapprocher les ingrédients des pêcheurs et des pisciculteurs, afin de réduire la dépendance de l’extérieur en approvisionnement de ces aliments généralement très coûteux. Nous allons désormais les produire sur place », explique-t-il.

Selon lui, cette activité devrait également permettre aux ex-combattants qui ont choisi la filière de la pêche d’investir dans une activité responsable et de disposer d’une source de revenus susceptible de réduire les risques de retour dans les groupes armés.

Pour la MONUSCO, cette initiative montre que les anciens combattants peuvent jouer un rôle positif dans leurs communautés après leur démobilisation. Leur implication dans la prévention d’Ebola contribue à la fois à la santé publique, à la cohésion sociale et au processus de stabilisation de l’Ituri.

Gires Kasongo