Une nouvelle épidémie de la maladie à virus Ebola continue d’inquiéter les autorités sanitaires en province de l’Ituri. Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a annoncé que cette résurgence a déjà provoqué 246 cas suspects ainsi que 80 décès enregistrés aussi bien dans les structures sanitaires que dans les communautés affectées.

Selon les autorités sanitaires, les analyses effectuées ont permis d’identifier la souche dite de Bundibugyo, une variante rare du virus Ebola. Cette souche présente un défi particulier pour les équipes médicales dans la mesure où les vaccins et traitements actuellement disponibles sont moins adaptés que ceux utilisés contre la souche Zaïre, qui avait été à l’origine de précédentes flambées épidémiques en République démocratique du Congo.

Face à cette situation, les services de santé craignent une propagation rapide de la maladie dans plusieurs zones de l’Ituri, une province touchée par l’insécurité persistante et les déplacements massifs des populations. Les mouvements des habitants entre les villages, les centres urbains et les zones minières pourraient compliquer davantage les opérations de surveillance et de riposte sanitaire.

Les autorités sanitaires appellent ainsi à une mobilisation urgente et accrue du gouvernement, des partenaires humanitaires, des organisations non gouvernementales ainsi que des communautés locales. L’objectif est de renforcer les mesures de prévention, améliorer la sensibilisation des populations et accélérer la prise en charge des personnes suspectées d’être contaminées.

Le ministère de la Santé insiste également sur la nécessité de fournir rapidement des kits médicaux, des équipements de protection individuelle et des moyens logistiques suffisants aux structures de santé engagées dans la riposte. Les professionnels de santé figurent parmi les personnes les plus exposées à cette nouvelle flambée épidémique, notamment dans les zones reculées où les conditions de travail restent précaires.

Dans plusieurs localités touchées, les équipes sanitaires poursuivent les opérations de suivi des contacts, de désinfection et de sensibilisation communautaire afin de limiter la chaîne de transmission du virus. Toutefois, les autorités reconnaissent que la lutte contre cette nouvelle épidémie nécessitera des moyens importants ainsi qu’une forte implication des populations locales pour éviter une aggravation de la crise sanitaire.

Cette résurgence d’Ebola intervient alors que plusieurs provinces de l’Est de la RDC restent confrontées à des défis humanitaires et sécuritaires majeurs, compliquant davantage les efforts de réponse des services sanitaires.

Gires Kasongo