Une scène de violence et de chaos s’est produite ce jeudi 21 mai à l’Hôpital général de référence de Rwampara, situé à une dizaine de kilomètres de Bunia, dans la province de l’Ituri. Des manifestants en colère ont pris d’assaut le centre de traitement d’Ebola après le décès d’un membre de leur famille contaminé par le virus, réclamant la restitution immédiate du corps.
Selon plusieurs sources locales et sanitaires, les manifestants ont incendié plusieurs tentes servant à l’isolement et à la prise en charge des patients infectés, provoquant une panique généralisée au sein de la structure médicale. La situation a rapidement dégénéré, entraînant une interruption momentanée des activités sanitaires sur le site.
Profitant de la confusion, six patients se sont échappés du centre de traitement, dont trois cas confirmés d’Ebola et trois autres considérés comme suspects. Cette fuite suscite de vives inquiétudes chez les autorités sanitaires, qui redoutent un risque élevé de propagation de la maladie dans les communautés environnantes.
Les installations de l’ONG humanitaire ALIMA, impliquée dans la riposte contre l’épidémie, ont également été incendiées au cours des violences. Face à l’escalade des tensions, le personnel médical et humanitaire a dû être placé sous protection des forces de sécurité.
D’après les autorités sanitaires, l’HGR de Rwampara figure parmi les principaux foyers actifs de l’épidémie d’Ebola en Ituri, aux côtés de la région de Mongwalu, également fortement touchée.
À ce jeudi 21 mai, le ministère de la Santé rapporte plus de 600 cas probables recensés, dont 139 décès liés à cette flambée épidémique. Les spécialistes rappellent qu’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est encore disponible contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, compliquant davantage les efforts de riposte dans cette partie du pays.
Don de Dieu Mbavu
