La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les incidents survenus lors de la marche organisée le 15 septembre 2026 à Kinshasa par la Coalition de l’Article 64 (C64). L’institution indique avoir déployé une mission d’observation et de monitoring afin de documenter les conditions dans lesquelles s’est déroulée cette mobilisation de l’opposition et d’identifier d’éventuelles violations des droits humains.
Cette manifestation avait été organisée pour dénoncer tout projet de modification ou de changement de la Constitution, ainsi que le projet de référendum défendu par l’opposition. La C64 entendait également exprimer son opposition au processus de dialogue national initié par le pouvoir et dénoncer la situation sociale et politique du pays. À Kinshasa, plusieurs cortèges devaient converger vers un point de chute prévu au siège de l’ECiDé, sur le boulevard Triomphal.
Au départ de l’Échangeur de Limete, le cortège a évolué dans un premier temps sous encadrement policier. La situation s’est toutefois tendue dans le secteur des 10e, 11e et 12e rues de Limete, où des affrontements ont empêché les manifestants de poursuivre leur itinéraire. La police est intervenue pour disperser le cortège, qui n’a finalement pas atteint son point de chute.
Dans ses premières constatations, la CNDH affirme que le caractère pacifique de la manifestation a été perturbé dans cette partie de Limete. Elle fait état de la présence de personnes munies d’objets dangereux et estime que ces agissements ont empêché la progression des manifestants. L’institution condamne les violences et rappelle la nécessité de garantir l’intégrité physique des personnes, la protection des biens et la sécurité de tous. Elle recommande également que les responsabilités soient établies au terme des investigations.
Cette réaction intervient après une précédente prise de position de la CNDH, quelques jours avant la manifestation. Dans son communiqué du 12 septembre, l’institution avait rappelé que la liberté de manifestation est garantie par la Constitution, tout en appelant les organisateurs, les autorités et les participants à préserver le caractère pacifique du rassemblement. Elle avait recommandé le dialogue, la prévention et un usage proportionné de la force, tout en annonçant la présence de ses équipes sur le terrain.
La CNDH poursuit désormais la consolidation des informations recueillies afin d’établir un rapport sur les incidents. Elle encourage les acteurs politiques et les autorités à privilégier la retenue et le dialogue pour préserver l’exercice pacifique des libertés publiques. De son côté, la C64 affirme avoir recensé plusieurs victimes et violations et annonce également son intention de présenter son propre bilan des événements du 15 septembre.
La Rédaction
