La marche organisée mardi 15 septembre par la coalition C64 a été marquée par des incidents et des tensions entre manifestants et des personnes non autrement identifiées, notamment au niveau de la 12ᵉ rue, dans la commune de Limete, à Kinshasa.

Au lendemain de cette mobilisation, l’opposant Martin Fayulu affirme avoir échappé à une attaque à la machette alors qu’il se trouvait sur le parcours de la manifestation. Dans une déclaration à la presse, le président de l’ECiDé dit avoir vécu une situation particulièrement dangereuse et accuse directement le pouvoir d’avoir tendu, selon lui, un guet-apens aux manifestants.

« C’était extrêmement grave. Tshisekedi nous a tendu un guet-apens. J’ai vu des machettes neuves à quatre mètres de moi », a-t-il déclaré, revenant sur les circonstances de l’incident.

Martin Fayulu explique avoir pris la fuite après avoir aperçu, selon son récit, plusieurs personnes munies de machettes. Il estime que sa condition physique lui a permis de s’éloigner rapidement de la zone. « Heureusement que j’ai encore la force. Comme ils nous ont cueillis à froid, il m’a fallu une course de fond. J’ai des élongations, je ne peux plus marcher », a-t-il témoigné, précisant qu’il pratique régulièrement la marche et qu’il avait dû courir à pleine vitesse pour se mettre à l’abri.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques autour de la mobilisation du C64. La coalition d’opposition avait appelé à manifester notamment contre toute modification de la Constitution et contre un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

Le récit de Martin Fayulu vient ainsi s’ajouter aux réactions suscitées par le déroulement de cette manifestation. Plusieurs responsables de l’opposition ont dénoncé des violences et des incidents survenus au cours de la journée, tandis que les autorités et les forces de sécurité ont, de leur côté, communiqué sur les mesures prises pour encadrer la mobilisation.

À ce stade, les circonstances précises de l’incident évoqué par Martin Fayulu, notamment l’identité des personnes qu’il affirme avoir vues avec des machettes et les éventuelles responsabilités, nécessitent des éléments de vérification indépendants. Son témoignage doit donc être présenté comme son récit des faits, dans l’attente d’éléments permettant d’établir les circonstances exactes de l’incident.

Zéphyrin Amboka Pengume