Le président de l’ADD Congo, Prince Epenge, est revenu en détail sur les événements survenus le 15 septembre 2026 lors de la marche organisée par la coalition C64 à Kinshasa. Il a notamment évoqué la mort de Manassé Lomboto, présenté comme son chef de sécurité, ainsi que les violences qui auraient éclaté sur le boulevard Lumumba, entre l’échangeur de Limete et la 10ᵉ rue.
Selon Prince Epenge, les organisateurs avaient été reçus à l’Hôtel de Ville de Kinshasa et invités à limiter leur itinéraire jusqu’au siège de l’ECiDé. Il affirme que les autorités leur avaient assuré que la police serait déployée afin d’encadrer et de sécuriser la manifestation.
L’opposant dit également avoir alerté le commissaire divisionnaire Israël Kantu sur les risques d’affrontements à certains endroits du parcours.
« Nous avons quitté l’Hôtel de Ville à 22 h. L’Hôtel de Ville nous a proposé de nous limiter au siège de l’ECiDé pour notre marche. Ils nous ont garanti qu’ils allaient envoyer la police pour nous sécuriser », a déclaré Prince Epenge.
Ce membre de la coalition C64 affirme avoir particulièrement insisté sur les précédents incidents enregistrés, selon lui, à la 10ᵉ rue et sur l’avenue de la Triomphale. Il évoque notamment la mort de Davin Kalala, militant de l’ECiDé, qu’il attribue aux Forces du Progrès lors d’une précédente marche en 2022. Il affirme également que la coalition aurait été attaquée à plusieurs reprises devant le siège de l’ADD Congo.
« Israël Kantu m’a assuré que la sécurité serait au rendez-vous », rapporte-t-il.
Des tensions dès l’échangeur de Limete
Revenant sur la journée du 15 septembre, Prince Epenge affirme que Manassé, chargé de sa sécurité, ainsi qu’Ernest et Lumumba, étaient présents à l’échangeur de Limete dès les premières heures de la matinée.
Il dit avoir été surpris par la présence d’éléments qu’il présente comme des « kulunas de la Task Force du Service national ». Selon lui, leur présence aurait contribué à faire monter la tension, même si la situation demeurait encore maîtrisable à ce stade.
« Nous avons quitté l’échangeur très bien encadrés par les militaires et les policiers », explique-t-il.
La situation aurait ensuite progressivement dégénéré, à en croire Prince Epenge, à l’approche de la 12ᵉ et de la 13ᵉ rue.
L’opposant affirme avoir aperçu des personnes se dispersant dans plusieurs directions et dit avoir identifié, selon lui, des militants de l’UDPS-Kibassa et de l’UDPS/Tshisekedi qui arrivaient en direction du boulevard Lumumba.
« À un moment donné, l’armée ne faisait rien »
Prince Epenge soutient qu’au moment où les tensions ont éclaté, les forces de sécurité n’auraient pas immédiatement empêché les affrontements.
« À un moment donné, l’armée ne faisait rien. Après, ils ont commencé à jeter des gaz lacrymogènes sur les militants de la C64, alors que ceux de l’UDPS étaient libres, en rotation et en translation, de nous jeter des pierres et de nous attaquer à la machette », affirme Prince Epenge.
Ces déclarations constituent la version livrée par l’opposant sur le déroulement des événements du 15 septembre. Elles mettent notamment en cause le dispositif de sécurité ainsi que certains groupes de militants. Les responsabilités précises dans les violences et les circonstances de la mort de Manassé Lomboto restent toutefois à établir sur la base d’éléments vérifiables et, le cas échéant, par les enquêtes des autorités compétentes.
Prince Epenge promet par ailleurs de poursuivre son récit lors de prochaines interventions, notamment sur les circonstances exactes de la mort de Manassé Lomboto et sur ce qui s’est passé au cours de la progression de la marche sur le boulevard Lumumba.
Zéphyrin Amboka
