L’Association des Correspondants de la Presse Internationale (ACPI) s’est dotée, le 04 janvier d’un nouveau Comité directeur, avec à sa tête le correspondant de Radio France Internationale (RFI), Pascal Mulegwa. Élu à l’unanimité pour un mandat de 5 ans, il promet de faire de la défense des correspondants étrangers en RDC une priorité, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, institutionnels et professionnels. Dans un entretien accordé à 24 News Agency, il expose sa vision, ses priorités et les enjeux de la corporation.

Priorités : défense des droits et réformes internes

Pour Pascal Mulegwa, ce mandat confère au Comité élu les prérogatives nécessaires pour renforcer la représentation et la protection des correspondants.

« Ce mandat nous confère l’ensemble des prérogatives nécessaires pour agir, représenter la corporation et repenser son fonctionnement, avec pour objectif principal de garantir qu’aucun journaliste de la presse étrangère ne soit victime d’abus ou d’atteintes à ses droits », a-t-il déclaré.

Au cours des cinq prochaines années, il entend inscrire son action sous le signe de la collégialité, de la fermeté, du rayonnement, de la défense et des réformes, tout en travaillant avec les autorités compétentes dans l’intérêt des membres de l’association.

Face aux accusations de “presse des impérialistes”

Interrogé sur les critiques qualifiant les correspondants de « presse des impérialistes », Pascal Mulegwa relativise, tout en dénonçant les préjugés persistants :
« Cette expression revient souvent sous forme de plaisanterie, mais elle traduit un imaginaire politique bien ancré. Nous y répondons par le professionnalisme et par la pédagogie. »
Il rappelle que la mission des correspondants est avant tout journalistique :
« Les correspondants ne servent ni une puissance étrangère ni un agenda diplomatique, ils servent le droit du public à l’information. »

Dialogue avec les autorités et indépendance éditoriale

Dans un contexte sécuritaire sensible, le nouveau coordonnateur insiste sur la nécessité d’un dialogue permanent avec les autorités congolaises.

« Nous entretenons un dialogue permanent avec l’organe de régulation, le ministère de la Communication et Médias, les services de sécurité ainsi que les autorités judiciaires », explique-t-il.
Toutefois, il fixe une ligne rouge claire :
« Notre indépendance éditoriale n’est pas négociable. Le meilleur moyen d’éviter les tensions inutiles demeure la transparence et la communication. »

Un Comité composé de journalistes congolais

À propos de l’absence de journalistes étrangers dans le Comité directeur, Pascal Mulegwa rappelle que la majorité des correspondants accrédités sont des Congolais travaillant pour des médias internationaux.
« Nos statuts n’ont pas prévu à ce stade que des non-Congolais participent à la gestion, mais ils prennent part à toutes les activités, votent et jouissent de tous les droits de membre », précise-t-il.
Et d’ajouter, avec une pointe d’humour :
« Vous ne vous imaginez quand même pas d’avoir un Américain à la tête d’une association de droit congolais ? »

Un cadre de protection et de coordination

L’ACPI se veut un espace de représentation et de protection pour les correspondants internationaux.
« L’association joue un rôle de représentation, de protection et de coordination. Elle est un espace où les correspondants peuvent faire valoir leurs droits, partager leurs préoccupations et renforcer la crédibilité de leur métier », souligne Pascal Mulegwa.
L’adhésion est conditionnée par l’accréditation auprès d’un média international, l’exercice continu du métier en RDC et le respect des règles professionnelles.

Accompagnement des correspondants victimes d’abus

Le nouveau Comité entend également répondre aux abus contractuels subis par certains correspondants.
« Il y a des collègues qui ont été confrontés à des abus contractuels ou à des ruptures non payées. Nous mettrons en place un dispositif comprenant un accompagnement juridique léger, un rôle de médiation avec les rédactions concernées et, si nécessaire, des alertes institutionnelles », annonce-t-il.
Il conclut :
« Nous sommes un syndicat, nous refusons que les correspondants soient livrés à eux-mêmes. »

Notons que l’Association des Correspondants de la presse Internationale a vu le jour il y a environ 5 ans. A sa création, elle a été dirigé par Baudouin Kamanda wa Kamanda, retraité de RFI qui occupé l’actuelleent de poste dy président de l’UNPC, assisté de Bienvenu Bakumanya, ancien de llAgence France presse et actuel Directeur Général de l’Agence Congolaise de Presse. Bien que parti de l’Association, eu égard à ses nouvelles fonctions, ce dernier reste un grand conseiller de cette association et n’hésite pas à répondre aux sollicitations de celle-ci.

La Composition du nouveau Comité Directeur de l’ACPI
Le Comité directeur élu le 4 janvier 2026 se compose comme suit :
Coordonnateur : Pascal Mulegwa (RFI)
Coordonnateur adjoint : Emery Makumeno (BBC)
Rapporteur / Secrétariat : Mbelechi Msoshi (BBC et autres)
Trésorière nationale : Marthe Bosuandole (AFP)
1er Conseiller : Saleh Mwanamilongo (DW)
2e Conseiller : Jean Noël Ba-Mwenze (DW)
Chargé des relations publiques et communications : Byobe Malenga (CGTN Français et autres)
Chargé de mobilisation : Alain Uykana (Al Jazeera English)

Jacques Amboka Mokoko