L’Hôpital général de référence d’Oicha dispose désormais d’une nouvelle ambulance médicalisée destinée à faciliter le transport et la prise en charge des patients, notamment des victimes des conflits armés. Le véhicule a été remis ce mercredi 12 août 2026 par le Fonds national des réparations des victimes (FONAREV), dans le cadre de ses interventions en faveur des populations affectées par les violences dans le territoire de Beni.
La remise de cette ambulance est intervenue lors de la mission du FONAREV à Beni, conduite par son directeur général, Patrick Fata Makunga. Cette délégation était venue évaluer l’état d’avancement et la mise en œuvre des différents projets de réparation financés en faveur des victimes des conflits.
Réceptionnant l’ambulance, le médecin directeur intérimaire de l’Hôpital général de référence d’Oicha, Dr Kasereka Nzala Esaï, a exprimé sa reconnaissance au FONAREV et au gouvernement congolais. Il souligne que cette ambulance constitue désormais un outil essentiel pour assurer les évacuations et répondre aux besoins croissants de la population.
Selon lui, l’Hôpital général de référence d’Oicha constitue un établissement stratégique pour la prise en charge des populations affectées par les conflits armés, particulièrement des personnes déplacées qui affluent dans la zone à la suite des violences.
« Nous n’aurons que ça maintenant comme seule ambulance qui va encore servir la population d’Oicha. L’Hôpital général de référence d’Oicha se trouve au centre du territoire de Beni et constitue le seul rempart pour tous les déplacés, parce que c’est là que l’ennemi ADF mène ses actions », a expliqué le médecin directeur intérimaire.
Avec une capacité d’environ 333 lits, l’établissement accueille régulièrement des victimes des violences armées. Le Dr Kasereka Nzala Esaï indique que, dans le cadre du projet financé par le FONAREV, plusieurs patients victimes des affres de la guerre ont pu bénéficier d’une prise en charge médicale.
Il cite notamment les blessés par armes à feu ainsi que les femmes victimes de violences sexuelles liées aux conflits.
« Nous avons pu, pendant ce projet financé par le FONAREV, soigner beaucoup de patients qui ont été victimes des affres de la guerre. Il s’agit notamment des blessés par armes à feu liés aux conflits, mais également des femmes victimes de violences sexuelles », a-t-il précisé.
Le médecin directeur intérimaire rapporte également que certaines victimes prises en charge avaient été kidnappées avant d’être libérées. Certaines d’entre elles étaient enceintes au moment de leur retour et ont bénéficié d’une assistance médicale au sein de l’établissement.
Pour le responsable de l’hôpital d’Oicha, ces interventions constituent une manifestation concrète de l’engagement du gouvernement congolais à accompagner les victimes des conflits. Il a ainsi renouvelé ses remerciements au FONAREV ainsi qu’aux différents partenaires impliqués dans la mise en œuvre de ces actions.
Cependant, malgré ces avancées, plusieurs défis restent à relever au sein de l’hôpital. Le premier concerne la capacité d’accueil, devenue insuffisante face à l’afflux massif de populations déplacées.
Le Dr Kasereka Nzala Esaï explique que l’augmentation de la population dans la zone, directement liée à la situation sécuritaire, exerce une forte pression sur les services de santé, notamment sur la maternité.
« Actuellement, avec tous les gens qui fuient pour venir s’amasser dans la communauté, nous sommes vraiment dépassés par la capacité d’accueil, à la suite de cette croissance démographique liée aux conflits armés », a-t-il indiqué.
La maternité de l’hôpital dispose de 89 lits, alors qu’elle enregistre en moyenne 350 accouchements chaque mois. Une situation qui, selon le médecin directeur intérimaire, démontre clairement la nécessité d’augmenter les capacités d’accueil et de renforcer les équipements de l’établissement.
Au-delà de la capacité d’accueil, l’hôpital d’Oicha fait également face à d’importantes difficultés liées à l’approvisionnement en électricité. L’établissement fonctionne notamment grâce à un générateur d’une capacité de 66 KVA, dont la consommation en carburant représente une charge importante pour l’hôpital.
« Nous pouvons aussi signaler le défi du système électrique qui constitue une lourde charge pour l’hôpital.Nous avons un générateur de 66 KVA qui consomme facilement au moins trois fûts de carburant par semaine, ce qui constitue vraiment une lourde charge », a-t-il fait savoir.
Face à cette situation, le responsable de l’hôpital appelle à un renforcement durable du système électrique afin de permettre à l’établissement de fonctionner dans de meilleures conditions et d’assurer la continuité des soins.
La réception de cette ambulance constitue ainsi un appui important pour l’Hôpital général de référence d’Oicha. Mais pour le Dr Kasereka Nzala Esaï, cet appui doit s’accompagner d’autres investissements, notamment dans l’extension de la capacité d’accueil, l’équipement de la maternité et le renforcement de l’approvisionnement en énergie.
Ces besoins, souligne-t-il, deviennent d’autant plus urgents que l’établissement reste l’un des principaux centres de prise en charge des populations victimes des violences et des déplacements massifs dans le territoire de Beni.
Gires Kasongo
