La Société des Services Vihumbira (SSV), chargée de la construction du futur aéroport international Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba de Beni, appelle à une intervention urgente du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Évariste.
L’entreprise dénonce des irrégularités présumées dans la perception et l’affectation des recettes destinées au financement de ce projet.
Dans une correspondance adressée à l’autorité provinciale depuis le 15 juillet dernier, la SSV fait état d’un déséquilibre entre l’avancement des travaux et les paiements reçus. Selon l’entreprise, plus de 66% des travaux prévus dans le contrat initial sont déjà exécutés, alors qu’elle n’aurait perçu qu’environ 1 à 2% des montants qui lui sont dûs.
Pour poursuivre le chantier malgré ces difficultés, la société affirme avoir épuisé sa trésorerie et recouru à d’importantes lignes de crédit auprès de ses partenaires financiers et de ses fournisseurs.
La SSV rappelle que le financement de cette infrastructure repose sur un mécanisme convenu entre le gouvernement provincial, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) ainsi que les opérateurs pétroliers. Cet arrangement prévoyait l’affectation directe d’une taxe conventionnelle à un compte dédié au projet, grâce à la renonciation de certains avantages par les acteurs concernés.
Cependant, l’entreprise évoque des incertitudes sur la traçabilité des recettes collectées et leur utilisation effective. Elle demande ainsi que le fonctionnement de ce mécanisme fasse l’objet de vérifications par les services compétents.
À travers cette alerte, la SSV sollicite des mesures urgentes pour sécuriser le financement et éviter une éventuelle interruption des travaux. Elle souhaite également que toute tentative de déstabilisation de l’entreprise, si les faits sont établis, soit examinée conformément aux lois de la République.
Se déclarant disposée à mettre ses documents comptables et ses rapports d’avancement à la disposition des services d’investigation, la société réaffirme sa volonté de mener le chantier à terme, à condition que les engagements institutionnels liés à son financement soient rétablis.
La situation soulève ainsi des interrogations sur la sécurisation des ressources destinées à cette infrastructure aéroportuaire, présentée comme stratégique pour le développement du Nord-Kivu et de l’Est de la République démocratique du Congo.
Gires Kasongo
