La tension sociale reste vive au sein du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRC-S) au Nord-Kivu.
Dans une déclaration rendue publique ce samedi 21 mars 2026 à Beni, les cadres et agents issus des antennes territoriales de Beni, Lubero, Walikale et Masisi ont annoncé la poursuite de leur mouvement de grève, tout en dénonçant 42 mois d’arriérés de salaires impayés.
Depuis près de sept mois, les grévistes affirment avoir mené leurs actions dans un esprit de sérénité, de retenue et de respect envers les autorités hiérarchiques. Cependant, ils dénoncent plusieurs actes qu’ils qualifient de provocations et d’humiliations.
Parmi ces actes, ils citent notamment : des arrestations arbitraires suivies de détentions illégales à l’auditorat militaire de Beni ; des suspensions collectives non motivées, en violation des procédures administratives ; le vandalisme du bureau de l’antenne du PDDRC-S, attribué à des opposants au mouvement de grève.
Les grévistes accusent certains responsables provinciaux du PDDRC-S d’être à l’origine de ces dérives, dans le but de faire taire leurs revendications. Les cadres et agents grévistes dénoncent également ce qu’ils considèrent comme un manque de transparence dans la gestion des fonds.
Selon eux, des sources concordantes indiquent qu’une enveloppe de 4 millions de dollars américains, allouée par le ministère de la Défense nationale et Anciens combattants, aurait été destinée notamment au paiement des arriérés des agents et des dettes des fournisseurs. Ils regrettent que, malgré cette dotation, leurs revendications restent sans réponse.
Par ailleurs, ils critiquent le coordonnateur national du PDDRC-S, qu’ils accusent de privilégier des campagnes médiatiques à caractère populiste, au lieu de s’attaquer aux problèmes réels des agents sur le terrain.
À ce stade critique du mouvement, les grévistes en appellent directement au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de président du comité de pilotage du PDDRC-S. Ils rappellent que « Ces agents ont cru à la vision du Chef de l’État et ont contribué activement à la mise en œuvre du programme, mais se sentent aujourd’hui abandonnés et sacrifiés ».
Ils demandent au Chef de l’État d’inscrire en urgence la question du PDDRC-S à l’ordre du jour de la prochaine conférence des gouverneurs ,d’ouvrir une enquête sur les dysfonctionnements et la gestion des fonds et de prendre des mesures concrètes pour le paiement de leurs droits.
Gires Kasongo
