Dans la cour étroite de la prison pour femmes de Beni, l’atmosphère était inhabituelle jeudi 02 octobre 2025. Au lieu du quotidien marqué par la promiscuité et l’attente, ce sont des voix de médecins et d’infirmiers qui ont rythmé la journée. La Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO), dans le cadre de la campagne mondiale « Octobre Rose », est venue rappeler aux détenues qu’elles aussi ont droit à la prévention et aux soins.
Près de 70 femmes incarcérées, accompagnées de leurs 9 nourrissons, ainsi que 4 agents pénitentiaires, ont bénéficié de consultations médicales gratuites. Gynécologues et infirmiers venus de différents contingents onusiens notamment kényan, népalais, brésilien, tanzanien, sud-africain et malawite, ont travaillé aux côtés du personnel de l’hôpital général de Beni pour examiner, écouter et conseiller.

« Nous leur avons montré des techniques simples pour détecter tout changement inhabituel dans leur corps et consulter rapidement un médecin », a expliqué le docteur Jérémie Muhindo, directeur de l’hôpital général de Beni, qui a supervisé l’activité.
Mais la sensibilisation n’a pas concerné que le cancer du sein. Les femmes ont également reçu des informations et un traitement contre les infections sexuellement transmissibles (IST), souvent taboues mais bien réelles en milieu carcéral. À la fin des consultations, la MONUSCO a distribué des médicaments, des couches hygiéniques et même des vêtements.
L’initiative a aussi touché les 48 mineurs garçons de l’Établissement de garde pour enfants (EGEE), qui ont eu droit eux aussi à des soins médicaux gratuits, un geste qui inscrit cette campagne dans une approche plus large d’inclusion sanitaire en milieu carcéral.
Pour la MONUSCO, cette activité s’inscrit dans un effort de longue haleine. La prison de Beni est l’une des 12 prisons pilotes ciblées par la Mission. Ces dernières années, elle a bénéficié de projets concrets : construction d’un mur de clôture pour la sécurité, dotation en matériel médical, installation de panneaux solaires dans le quartier des femmes, sans oublier des formations en sécurité et gestion des incendies.
Gires Kasongo
