La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a officiellement lancé, jeudi 21 mai 2026 à Paris, la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de « Secrétaire générale « de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
La cérémonie, organisée dans la capitale française en présence de plusieurs personnalités politiques, diplomatiques et culturelles de l’espace francophone, marque une nouvelle offensive diplomatique de Kinshasa, qui ambitionne de renforcer son poids stratégique au sein de la Francophonie.
*Kinshasa veut porter une Francophonie plus influente et plus africaine*
Dans une allocution aux accents politiques et symboliques, Judith Suminwa Tuluka a présenté Juliana Lumumba comme le visage d’une Francophonie en pleine transformation, appelée à répondre aux défis géopolitiques, économiques et sociétaux du XXIe siècle.
« La candidature de Madame Juliana Amato Lumumba incarne une Francophonie qui avance, qui ose et qui se renouvelle sans renier ses valeurs », a déclaré la cheffe du gouvernement congolais.
Pour la Première ministre, cette candidature dépasse le cadre institutionnel. Elle traduit également la montée en puissance des femmes africaines dans les sphères internationales de décision.
« Cette candidature porte un message fort : celui de la place grandissante des femmes africaines dans la gouvernance mondiale et dans les grands débats de notre époque », a-t-elle souligné.
Judith Suminwa a par ailleurs salué le parcours et l’engagement de la candidate congolaise, qu’elle considère comme porteuse « d’une espérance nouvelle », fondée sur le dialogue, le rassemblement et l’action collective.
Juliana Lumumba appelle à une “Francophonie de civilisation”.
Prenant la parole à son tour, Juliana Amato Lumumba a inscrit sa candidature dans une vision politique et historique plus large, en lien avec les combats des peuples du Sud global pour la souveraineté, la dignité et une coopération internationale plus équilibrée.
« Cette candidature porte la mémoire des luttes menées par les peuples du Sud global pour leur dignité et leur droit à participer pleinement à une culture de coopération et de destin partagé », a-t-elle affirmé.
Fille de Patrice Emery Lumumba, figure emblématique des indépendances africaines, Juliana Lumumba défend une Francophonie qu’elle veut plus humaine, plus solidaire et davantage tournée vers les peuples.
Selon elle, la langue française ne doit plus être uniquement un instrument diplomatique ou économique, mais un vecteur de rapprochement entre les nations dans un monde traversé par les crises identitaires, le radicalisme et les tensions géopolitiques.
« Nous devons construire une Francophonie qui devienne une véritable conscience civilisationnelle dans le concert des nations », a-t-elle soutenu.
*Une candidature tournée vers la jeunesse et les défis contemporains*
Intervenant également lors de la cérémonie, Émile Ngoy Kasongo, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RDC en France et auprès de Monaco, a insisté sur la dimension populaire et générationnelle de cette candidature.
Selon le diplomate, Juliana Lumumba incarne l’ambition d’une Francophonie « plus proche des peuples, attentive aux aspirations de la jeunesse et pleinement engagée face aux défis contemporains ».
À travers cette candidature, la RDC l’un des plus grands espaces francophones au monde par sa population cherche à imposer une voix africaine plus forte au sein de l’OIF et à repositionner la Francophonie autour des enjeux majeurs de l’époque : la paix, la jeunesse, le climat, l’innovation et une coopération internationale plus équitable.
Pour Kinshasa, la candidature de Juliana Lumumba apparaît ainsi comme un symbole politique fort : celui d’une Francophonie en mutation, davantage ouverte aux aspirations du Sud global et résolument tournée vers l’avenir.
Don de Dieu Mbavu
