À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le président angolais João Lourenço a lancé une sévère mise en garde sur la dégradation de la sécurité internationale. Il estime que la multiplication des conflits, des tensions géopolitiques et du recours à la force rapproche dangereusement le monde d’un conflit global. Pour lui, cette situation exige un retour au dialogue et à la diplomatie.
Le chef de l’État angolais a également dénoncé les contradictions des grandes puissances, notamment leur implication dans plusieurs conflits actuels en Europe et au Moyen-Orient. Son analyse met en évidence une crise de crédibilité du système multilatéral : les États chargés de préserver la paix mondiale sont eux-mêmes impliqués, directement ou indirectement, dans des affrontements qui alimentent l’instabilité internationale.
João Lourenço a particulièrement insisté sur la nécessité de réformer le Conseil de sécurité de l’ONU. Selon lui, l’architecture actuelle reflète encore les rapports de force issus de la Seconde Guerre mondiale et ne correspond plus à la réalité géopolitique contemporaine. Il réclame notamment une représentation permanente de l’Afrique, avec les mêmes prérogatives que les autres membres permanents.
Sur le plan économique, le président angolais a dénoncé le poids de la dette qui pèse sur de nombreux pays africains. Une grande partie de leurs ressources étant consacrée au remboursement de leurs engagements financiers, ces États disposent de moins de moyens pour investir dans les infrastructures, la santé ou l’éducation. Lourenço plaide ainsi pour une réforme de l’architecture financière internationale et de meilleures conditions de financement pour les pays en développement.
Le président angolais a aussi réaffirmé son soutien à Cuba et demandé la levée de l’embargo américain imposé à l’île. Il considère ces sanctions comme injustes et a rappelé la contribution de Cuba aux luttes de libération en Afrique australe. Cette prise de position s’inscrit dans une critique plus large des mesures coercitives unilatérales défendues par plusieurs pays du Sud.
Au fond, le discours de João Lourenço traduit une volonté de voir émerger un ordre international plus représentatif, dans lequel l’Afrique disposerait d’un véritable poids dans les décisions mondiales. Son avertissement sur le risque d’un conflit global intervient dans un contexte marqué par plusieurs guerres et tensions internationales, mais son message reste centré sur la diplomatie : pour Luanda, la prévention des conflits doit redevenir la priorité du système multilatéral.
La Rédaction
